Quel que soit le bout par lequel l'on prenne la chose, la dynamique interne impulsée à l'évolution des affaires de l'Etat camerounais au cours de ces vingt-six dernières années par l'homme qui en assure les hautes destinées, fait ressortir une seule et même constance : une gestion pacifique des différents évènements avec une indépendance d'esprit et une assurance - parfois déroutante - mais toujours axée autour d'un triptyque de toute évidence immuable : pondération, patience, persévérance.
Quelques hauts faits issus de l'histoire récente du Cameroun confortent ce regard. Il s'agit dans un premier temps d'une volonté du Chef de l'Etat de poursuivre contre vents et marées - même au plus fort de la crise constitutionnelle ayant secoué son pays au cours des années 1982-1984 - cet idéal libéral et démocratique dont il est l'initiateur. Et sa gestion plutôt humaniste des suites de cette période trouble (le 06 Avril 1984) a fini par consacrer, au détriment de l'extrémisme tous azimuts réclamés par certaines tendances, une propension naturelle au pardon, à l'apaisement.
Puis, vint dans un deuxième temps, la gestion de cette nébuleuse connue sous la dénomination de " vent d'Est " au début des années 90. A la mode véritablement contagieuse de " conférences matinales souveraines " qu'ils ont véhiculée, un peu partout sur le continent, Paul Biya a opposé une voie médiane personnelle. La tripartite qui au final, ne s'est pas révélée moins porteuse qu'ailleurs.
Enfin, l'autre illustration de l'attachement du Président Biya à la paix nous vient de l'issue exemplaire qu'a connue le différend frontalier Cameroun-Nigéria au sujet de la presqu'ile de Bakassi. Un dénouement heureux que les Camerounais à l'unanimité, tout aussi bien que la Communauté internationale ont chaleureusement applaudi des deux mains. On en vient même à oublier que c'est bien là, le couronnement de quinze années de négociations ardues imposées par un conflit frontalier survenu en pleine crise économique ayant littéralement plongé le Cameroun au creux de la vague. Il en fallait certainement davantage que cela pour désaxer Paul Biya, tenace et pugnace plus que jamais - et qui contre l'opinion d'une certaine intelligentsia matinale prête plutôt à en découdre avec l'envahisseur - a tenu jusqu'au bout à sa logique de dialogue et de concertation. Les évènements, c'est connu, ont fini par lui donner entièrement raison.
Et ceux qui ont fait l'option de l'autre voie, celle des armes (inutiles de citer des exemples qui de l'Afrique du Nord jusqu'à la partie méridionale du continent sont légion) sont toujours englués dans de meurtriers conflits. Au détriment de leurs peuples respectifs. Cela mérite d'être médité. Profondément. |