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Culture


" Un grand engouement "
Le directeur de Yaoundé fou rire, Majors Akoa, fait un bilan de son festival qui s'est tenu du 12 au 20 juillet derniers.
11 Août 2008

 

Le festival ne s'est pas déroulé comme vous l'espériez. Quelles en ont été les principales causes ?
Il est vrai que, tout d'abord, le festival s'est déroulé sous le haut patronage du ministère de la Culture. Cependant, nous avons eu à faire face au manque de partenaires. De plus, nous avons eu d'énormes problèmes au niveau des salles. Elles ne nous ont pas été attribuées au moment opportun. Donc, la première programmation qui a été faite a dû être annulée. L'organisation a été obligée d'établir un nouveau programme, ce qui a quelque peu dérouté le public. La première programmation prévoyait des spectacles dans les salles du Centre culturel camerounais, d'Africréa, du Centre culturel français, et aussi dans un café-théâtre de la ville de Yaoundé. Mais à la dernière minute, ces locaux ne nous ont pas été alloués. On nous demandait des sommes exorbitantes. Et le comité d'organisation ne disposait pas d'autant de moyens. Mais, au dernier moment, le Centre culturel français a consenti à nous allouer sa salle à moindre coût. En dehors de ça, come je disais plus tôt, nous n'avons pas eu de réponses au niveau du partenariat, ce qui fait que le festival a été soutenu entièrement par l'association Culture Spectacle, organisatrice de l'événement. Le Ccf de Yaoundé nous a tout de même soutenus au niveau de la formation. Il y a eu en amont une formation sur l'écriture et le jeu comique. Donc, là, on était en partenariat avec une association française et c'est le Ccf qui a soutenu le projet, en donnant leur espace. En prenant aussi à leur charge les frais de transport d'un des encadreurs. Le reste de la formation a été soutenu par cette association, Le Groupe français de l'éducation nouvelle. Ainsi, ils ont délégué le formateur à leurs frais.

Mis à part ce problème surtout financier, qu'avez-vous noté comme changements positifs par rapport à la première édition ?
Déjà, il y a eu l'engouement manifesté par les comédiens eux-mêmes, plus le public qui commence à être beaucoup plus nombreux. De plus, les artistes font du bon travail. Sans oublier que, par rapport à l'année dernière, nous avons eu beaucoup plus de demandes d'artistes qui voulaient participer au festival. En 2007, il n'y avait que six comédiens. Cette année, le nombre est passé à dix. Et pour 2009, on verra, si les moyens nous le permettent, s'il y a une possibilité d'élargir cette offre pour le public.

Et au niveau de la qualité des spectacles ?
Pour ceux qui avaient déjà été là l'année dernière, il n'y a pas de problèmes. Pour les nouveaux venus, la qualité est moyenne. Mais en général, les spectacles sont bons, il faut juste un accompagnement au niveau de la mise en scène, au niveau de l'écriture aussi. Mais l'autre point positif est que l'atelier, qui a eu lieu une dizaine de jours avant le début des spectacles, a permis d'améliorer certains spectacles. Pour le reste, il y a de la matière, mais il faut juste cet accompagnement donc j'ai parlé plus haut, dans lequel on compte aussi la prestation scénique.

Avez-vous privilégié un critère précis dans la sélection des spectacles ?
Nous avons nos critères, au niveau du jeu, des textes, même de la tenue vestimentaire des comédiens. C'est sur ces points que nous sommes beaucoup plus rigoureux. Mais côté thématique, les humoristes ont le libre choix. Donc, chacun vient avec son thème et on prend, non pas ce qui nous arrange, mais ce qui est bien pour tout le monde. C'est ainsi qu'on évite les obscénités. Et pour l'instant, on ne privilégie pas l'improvisation. C'est vrai que ça pourra être inclus un peu plus tard, mais ce qui nous intéresse en ce moment, ce sont les textes écrits.

Votre programmation ne répond-elle pas à un schéma précis ?
Pour cette édition, on a essayé de classer les comédiens. Ainsi, on a mis ceux qu'on appelle têtes d'affiche, ceux qui sont déjà plus ou moins confirmés, à qui on reconnaît déjà un certain talent, auxquels on a ajouté des découvertes cette année. Parce que, il faut déjà préciser que, tout au long de l'année, nous avons eu à faire des castings dans certaines villes du pays, notamment Bafoussam, Douala, Yaoundé bien évidemment, et Makak où le festival a eu lieu également. Donc, il y avait ces têtes d'affiche, et il y avait certains anciens comédiens qui se sont reconvertis dans l'humour, qui étaient des coups de cœur. On aurait pu les appeler découvertes, mais on les a nommés coup de cœur par rapport à leur stature, à leur carrière. Donc, chaque soir, on associait une tête d'affiche à une découverte. Nous avons aussi mis un accent sur les femmes, parce que depuis des décennies, on n'a pas encore eu une femme qui fait dans du one-man-show, qui fait dans l'humour au pays. Cette année, nous avons donc eu quatre découvertes, dont trois qui ont participé au festival. La quatrième n'a pas pu, étant encore une élève. Il y avait son programme académique à suivre. On espère régler ce problème l'année prochaine, afin que le public puisse la découvrir. C'est cela qu'il y a aussi eu de positif, l'engouement des femmes à vouloir se lancer dans l'aventure.

Cette année, vous avez décentralisé le festival à Makak, comment cela s'est-il passé ?
Là encore, on a eu un énorme problème parce que, déjà au niveau de Makak, autant ils avaient accueilli le projet avec enthousiasme, autant cela n'a pas été bien diligenté. Ce qui n'était pas du au comité d'organisation, plutôt au partenaire. Ainsi, le festival qui était prévu à Makak du 13 au 20 juillet derniers, n'a pu se tenir que pendant deux jours, je dirais même une journée, le temps d'un spectacle. Cela à cause de la nonchalance, je vais le dire comme ça, des adjoints du maire de la ville. Vu qu'il n'était pas là, les autres n'ont pas pu assurer. Les locaux qui nous avaient été alloués pour la tenue des spectacles étaient déjà occupés quand nous sommes arrivés.

Avez-vous l'intention de renouveler l'expérience ?
Tout à fait. Pour les prochaines éditions, Makak reste bien entendu sur la liste, mais déjà pour l'année prochaine, on va y ajouter Mbalmayo. Afin de voir si ça peut être une autre plateforme d'expression de l'humour. Et l'organisation du festival ne se fera plus en simultané comme cela a été le cas pour cette dernière édition. Les dates seront déplacées. De plus, cela ne sera possible que si les annonceurs et autres partenaires se manifestent, étant donné que l'association n'a pas beaucoup de moyens. Mais déjà, pour la troisième édition, on va commencer le festival plus tôt. Cette année, c'était du 12 au 20 juillet 2008. En 2009, ce sera du 24 juin au 05 juillet.

Hormis la date, quelles autres innovations avez-vous prévues pour la prochaine édition?
L'année prochaine, on innove avec la chanson humoristique. Ce sera la principale nouveauté. Nous remettrons aussi à l'ordre du jour la projection de films comiques, initialement prévue cette année, mais qui n'a pas pu se concrétiser, faute de partenaires.

Propos recueillis par
Bélinda Dalé

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