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N° 352 du Mardi 01 avril 2008
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L'Acdic fait son bilan
C'était au cours de la deuxième assemblée générale de l'association tenue le week-end dernier à Yaoundé

Parmi les missions que s'était fixées l'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) figure en bonne place celle d'animer une veille sans frontières sur les choix et la qualité de vie. Au cours de son assemblée générale tenue le 28 mars dernier à l'amphithéâtre de la faculté protestante de Yaoundé, Bernard Njonga, président de l'Acdic depuis sa création en 2003, l'a encore réaffirmé. Selon lui, l'Acdic " se voudrait de renforcer la prise en compte des intérêts des masses populaires et accroître leur participation dans la gestion des affaires publiques ". Tout un programme ambitieux.
En oeuvrant pour le bien-être des populations, l'Acdic a donc pris position sur un certain nombre de sujets dont il faut établir un bilan afin de réorienter l'action. En dressant le bilan des activités de l'Acdic au cours des quatre dernières années, le secrétaire permanent de l'association, Jacob Kotcho a relevé l'engagement de cette structure dans trois campagnes. Il s'agit de la campagne pour la promotion de la filière avicole au Cameroun, la campagne de sensibilisation sur la grippe aviaire et la campagne pour la souveraineté alimentaire. Ainsi, s'agissant de la filière avicole nationale menacée par les importations des poulets congelés, une étude réalisée par l'Acdic a permis de montrer l'impact négatif de ces produits sur la santé des consommateurs, l'économie nationale ainsi que sur la filière agricole.
Comme on peut le constater, les résultats du plaidoyer de l'Acdic ont été satisfaisants. Les importations de poulets congelés au Cameroun ont été éliminés : de 22.154 tonnes importées en 2003, on est passé aujourd'hui et ce depuis 2006 à 0 tonne. Bien plus, la compétitivité du poulet produit localement a été améliorée. En l'espace de 11 mois, les aviculteurs ont réalisé des investissements évalués à environ 1,2 milliard de Fcfa, sans soutien de l'Etat.
En ce qui concerne la campagne de sensibilisation sur la grippe aviaire, il faut dire qu'elle est intervenue dans un contexte marqué par une psychose qui a finalement plombé la production nationale de poulets. Pendant cette mauvaise passe, les opérateurs de la filière avicole ont accumulé des pertes de l'ordre de 3 milliards de Fcfa, en l'absence d'un soutien des pouvoirs publics. La campagne pour la promotion de souveraineté alimentaire est quant à elle intervenue au moment où le pays éprouve l'incapacité de la production locale à fournir des céréales telles que le maïs et le riz. En effet, le marché local de produits agricoles est envahi par des produits importés. A titre d'exemple, le Cameroun importé en 2006, 350.000 tonnes de riz et 450.000 tonnes en 2007. Selon certains constats, les choix stratégiques de la campagne de l'Acdic visaient la subvention du secteur agricole, la protection des marchés domestiques et la promotion des produits locaux.
Dès lors, comment ne peut pas reconnaître que la production en grande quantité et la réforme du système et des interventions agricoles restent un gage de notre souveraineté alimentaire ?
Pour ce qui est de l'Acdic, les délégués présents à la dernière assemblée générale sont tous unanimes à reconnaître qu'une association qui se veut forte doit se doter des moyens d'action autonomes. " Un besoin de structuration de l'association en vue de la diversification de ses champs d'intervention s'impose ", a reconnu le secrétaire permanent Jacob Kotcho, car il faut prendre en compte l'étendue des intérêts collectifs qui ne peuvent se limiter au seul cadre agropastoral. A ce jour, l'Acdic compte près de 12.000 membres constitués d'agriculteurs (145%), le reste se recrutant au sein des autres couches de la société.

Lucien TCHAPTCHET
 
 
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