Après cette première étape que peut-on retenir ?
Je retiens une chose, c'est que quand on dit de la Mefou et Afamba qu'elle est le grenier de Yaoundé, n'est pas un vain mot. Nous avons pu apprécier le potentiel de ces deux marchés de l'arrondissement de Soa, et surtout l'organisation, la détermination des populations à donner vie, à donner corps à cette idée chère au chef de l'Etat, à savoir la relance des marchés périodiques qui encore une fois, je me plais à le rappeler, sont appelés à jouer un double rôle : un rôle économique en ce sens que ce sont des lieux d'échanges de produits, de biens du terroir. Ce sont aussi des lieux de consommation courante, de la ville à condition que les transactions se fassent au meilleur coût possible. Mais les marchés périodiques, j'allais dire avant tout, ce sont des lieux de brassage, de rencontre des populations, des lieux de fraternisation, de création de cette vie communautaire qui sans elle, rien n'est possible. C'est cela que je retiens. C'est en tout cas la principale leçon que je tire de ce rassemblement de Ntouessong et d'Abondo : une détermination des populations à se prendre en main, à combattre efficacement ce fléau qu'est la pauvreté dans les grands centres urbains.
Qu'en est-il des différentes potentialités dont on parle dans cet arrondissement ?
J'ai été impressionné par les potentialités de cette zone aussi bien pour ce qui concerne les cultures vivrières que pour ce qui est du cacao. S'agissant principalement du cacao, je crois que le bassin de Mbangassina compte parmi les deux ou trois premiers à côté de celui de Kumba dans la province du Sud-Ouest. Malheureusement, les problèmes sont les mêmes. Notre filière cacao est minée par un certain nombre de phénomènes déviants. Je veux parler du " coxage " qui nuit non seulement à la filière, mais à l'ensemble de l'économie nationale. Je profite de la tribune que vous m'offrez pour dire à ces hors-la-loi que force a toujours été à la loi. L'Etat saura assumer ses responsabilités. Ce qui est certain, c'est que nous ne pouvons pas laisser faire. La situation ne peut pas continuer en l'état.
Un autre défi à relever, c'est celui de la relance des marchés périodiques dans cette localité…
Par rapport aux marchés, l'Etat a noué un partenariat actif avec la mutuelle des bayam-selam du Cameroun. C'est le sens des hautes directives du chef de l'Etat appelant à organiser, à structurer les marchés périodiques là où ils existent, et les à créer là où ils n'existent pas. Dans le cas du marché de Mbangassina cela existe. Il manque d'organisation, c'est un peu la loi de la jungle. Il est important que cette organisation se mette en place de manière à développer l'offre, à assurer une juste rémunération des paysans, des producteurs. C'est une chaîne destinée à assurer un approvisionnement prioritaire des centres nationaux aux meilleurs coûts possibles et nous pensons qu'avec ce que nous avons vu sur le terrain, les conditions sont aussi réunies pour que la vie des consommateurs à Yaoundé et ses environs, soit un peu plus aisée, à travers un accès facile aux produits de consommation de base. J'encourage en tout cas les autorités administratives, municipales et les paysans à continuer à persévérer dans ce qu'ils ont entrepris et je tiens à leur adresser les encouragements du gouvernement.
Interview réalisée par
Joseph KAPO |