L'économie nationale a évolué en 2006 dans une conjoncture économique internationale moins crispée, marquée par une expansion de la croissance mondiale et des échanges et par la bonne tenue des cours de la plupart de nos produits d'exportation. Les échanges extérieurs du Cameroun se sont soldés en 2006 par un excédent de 221 milliards de Fcfa.
Ainsi, les exportations ont progressé de 23,5% en 2006, favorisées par la vigueur de la demande mondiale. Ce dynamisme est consécutif au bon comportement des ventes à l'étranger du pétrole brut, du bois (grumes et scié), de l'aluminium brut, du cacao en fèves et du café. Hors pétrole et dérivés, la croissance des exportations s'est établie à 11% au terme de l'année 2006 tandis que les importations de même nature ont enregistré un accroissement de 6%. Cette évolution s'est traduite par une réduction de 23 milliards de la balance hors pétrole. Au total, une amélioration de 4 points du taux de couverture des importations hors pétrole par les exportations de même nature.
Les exportations des principaux produits industriels sont sur une tendance haussière depuis 2004. En 2006, elles ont progressé de 19% par rapport à 2005. La progression en volume et en valeur des demi-produits, de l'équipement agricole et de la consommation des entreprises dénote d'un frémissement des investissements.
Les perspectives d'évolution de l'économie camerounaise à court terme, sont favorables. Néanmoins, ces développements positifs ne sont pas exemptes de risque. Le pouvoir d'achat des ménages a été contrecarré par la hausse des prix.
En effet, malgré la modération des prix dans les pays avancés, l'inflation s'est substantiellement relevée, passant en moyenne annuelle, de 1,9% au 31 décembre 2005 à 4,8% au 31 décembre 2006. C'est d'ailleurs le seul critère de surveillance multilatérale en zone Cemac qui n'a pas été respecté par le Cameroun en 2006. Ces tensions inflationnistes s'expliquent essentiellement par la diffusion sur le marché intérieur de la hausse des cours internationaux du pétrole brut. Ceci a eu pour conséquence le renchérissement des transports, et par effet d'entraînement, celui des produits alimentaires.
Le relèvement des taux directeurs par certaines banques centrales des pays industrialisés (BCE notamment) alourdit le service de la dette et compromet l'investissement et la consommation dans notre pays.
Certains aléas conjoncturels risquent de perturber les performances extérieures de l'économie camerounaise. Il s'agit, en particulier, du caractère volatile et imprévisible des cours pétroliers, de la capacité de la reprise économique dans la zone euro à résister au ralentissement attendu de l'économie américaine, au même titre que l'appréciation concomitante de l'euro face au dollar et ses répercussions sur le taux de change du franc Cfa.
Pour absorber aisément les chocs inéluctables à un environnement international imprévisible, le Cameroun devrait mettre un accent sur l'amélioration de la compétitivité de son économie Cette action suppose l'accélération du programme de restructuration des entreprises publiques et plus généralement, la mise à niveau des entreprises camerounaises.
Il est également important de mettre en place des institutions bancaires spécialisées pour le financement des projets à fort effet de levier et d'investir dans les infrastructures de base qui réduisent les coûts de production des entreprises.
La recherche d'une croissance économique robuste passe par la diversification de la base productive et la modernisation de l'agriculture.
Jacques ASSOU NGUINA |