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Economie


De bonnes perspectives pour le cacao
La cérémonie de lancement de la campagne cacaoyère 2008-2009 a eu lieu la semaine dernière à Ebolowa avec l'espoir de dépasser le cap de 200 000 tonnes.
26 Août 2008
 
C'est dans une salle noire de monde que s'est déroulée la cérémonie présidée par le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana. A ses côtés, le Vice-Premier ministre, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Jean Nkuete et toutes les autorités administratives des bassins de production, les producteurs, les organisations socioprofessionnelles. Une fête marquée par la signature d'une convention de financement entre le département ministériel en charge des questions commerciales, et le Fonds de développement des filières cacao et café (Fodecc). La convention porte sur le projet d'assainissement de la commercialisation interne du cacao et du café. Notamment, la mise en place des infrastructures de marchés et de stockage dans les bassins de production et la réinstauration du pré-contrôle. Il s'agit de faire des centres de commercialisation du cacao et du café, des pôles de développement au sein des bassins de production.
Les résultats attendus comportent la création des marchés périodiques, la traçabilité des produits en vue du repositionnement de l'origine Cameroun sur le marché international, la garantie de la qualité des produits marchands, la promotion du préfinancement de la commercialisation, le développement des services de proximité de formation et d'information des producteurs. L'on peut déjà retenir que la campagne s'est achevée par une tendance haussière de la production, qui est passée de 183.297 tonnes en 2006-2007à 187355 tonnes en 2007-2008, soit une augmentation de 4058 tonnes. Une évolution similaire des exportations de fèves passées de 154196 tonnes en 2006-2007 à 160128 tonnes en 2007-2009 est également enregistrée. Et l'Organisation internationale du caco reconnaît que " le Cameroun aurait exporté pour la campagne dernière environ 200000 tonnes de cacao ". Mais l'heure n'est pas à l'autosatisfaction.
Ndoping Michael, directeur général de l'Office national du cacao et du café (Oncc) pour sa part affirme que " la tendance prometteuse observée au cours de la campagne 2006-2007 semble confirmer les perspectives annoncées par les instances internationales, d'un bon comportement du marché du cacao au cours des prochaines années ". Cela étant, 137 milliards FCFA ont été rapportés en terme de devise malgré les reports d'embarquements et des enregistrements non apurés. Il y a donc une réelle nécessité de doubler d'ardeur au travail afin de produire plus et mieux. Les pouvoirs publics ne ménagent pas leurs efforts pour hisser le Cameroun parmi les plus grands producteurs de cacao du monde en améliorant son 5ème rang mondial. Il reste que le pays est menacé par de mauvaises pratiques de séchage et de commercialisation que le Mincommerce n'a pas manqué de fustiger (phénomène de coxage, les ventes du cacao humide, séchage sur le goudron). D'où le lancement le 20 août 2008 du projet d'assainissement de la commercialisation interne du cacao et du café.
" Aucune dérive ne sera tolérée " a dit le patron du commerce. La nouvelle législation de l'Union Européenne sur les résidus des pesticides pour le cacao entre en vigueur en septembre 2008.Ce qui constitue un autre défi à relever. La nouvelle campagne sera caractérisée à l'Organisation internationale du cacao (Icco) par les négociations en vue du futur Accord international sur le Cacao. Selon Pierre Tsimi Enouga, le président du comité de gestion du Foddec, " la 2ème convention d'un montant de 2.183.696000 FCFA signée à Ebolowa sera réalisée en plusieurs phases, de 2008-2010 ". Aussi ajoute t-il, " 525 000 000 FCFA sont prévus dans le budget du ministère du Commerce en 2008 ". Ce ministère se chargera de l'appui aux programmes de formation et d'information des opérateurs des filières cacao/cafés, de la promotion de la transformation et de la consommation locales de ces produits, de la promotion et la défense d'un label de qualité pour le cacao et le café, ainsi que de la recherche des marchés de niche pour ces produits. L'on annonce pour bientôt, la construction des magasins dans les zones de production du Sud -Cameroun.
Jean Nkuete, Vice-premier ministre en charge de l'Agriculture et du Développement rural, parlant de l'appui à la protection du verger pense que : " l'objectif est de lutter contre les prédateurs du cacao contre la pourriture brune ". Quant à la fertilisation des sols, il est question de fournir les engrais en zones cacaoyères à des prix abordables. Sans oublier l'animation des producteurs et des organisations des producteurs. Les difficultés observées au cours de la récente campagne portaient sur l'enclavement de certaines zones de production, la couverture nationale du réseau national de téléphonie mobile insuffisante, l'absence d'infrastructures de stockage dans plusieurs organisations des producteurs, d'infrastructures de séchage, ainsi que l'absence sur le marché national du petit équipement d'appréciation des quantités et de la qualité.
Lucien TCHAPTCHET
à Ebolowa

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