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N° 322 du Mardi 07 août 2007
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Economie



Près de deux milliards pour l'informel
Ce montant mis à disposition par le gouvernement devrait redynamiser le secteur

Une ligne de crédit d'un montant total de 1,710 milliard de FCFA a été récemment mise à la disposition des acteurs du secteur informel au Cameroun, par le gouvernement. Au total, 1200 promoteurs sont concernés par cette opération qui rentre dans le cadre du Projet intégré d'appui aux acteurs du secteur informel (PIASSI), grâce aux ressources générées par l'initiative pays pauvres très endettés (PPTE) dont le Cameroun a bénéficié. Les crédits qui varient entre 100.000 FCFA et 1,5 million FCFA, avec un taux d'intérêt annuel de 6 %, sont octroyés à des demandeurs ayant rempli un formulaire prévu à cet effet. Ces promoteurs de microprojets disposent d'un différé de 11 mois avant le début des remboursements, et de 15 mois pour apurer leur dette.
Le PIASSI, qui a été créé en 2002 avec pour mission le renforcement des capacités des acteurs du secteur informel, a déjà permis la création de quelque 4 000 emplois indirects et vise l'objectif de 10.000 emplois à l'horizon 2010. Le gouvernement camerounais a annoncé, à partir de l'année prochaine, la mutation de crédit en fonds d'appui au secteur informel qui rassemblerait jusqu'à 90% des actifs au Cameroun, dont
55 % dans le secteur agricole.
Au Cameroun, le secteur dit informel est généralement apprécié comme étant particulièrement dynamique. Il regroupe essentiellement des activités économiques localisées et non localisées. Celles-ci ne sont ni enregistrées au registre du commerce, ni affiliées à la sécurité sociale. Les activités du secteur informel sont essentiellement constituées de l'artisanat, de production de services et de micro-commerces. Avec la crise économique, les activités de ce secteur ont pris une importance croissante. Selon les estimations, il emploie 75 % de la main-d'œuvre urbaine, plus de 6 ménages sur 10 y tirent au moins une partie de leurs revenus. Ce secteur tente de fournir une réponse aux difficultés économiques des populations. Bien que les emplois qui en relèvent entraînent une rémunération moins élevée, ils ont atténué les effets de la dévaluation et de la pauvreté, pour certaines familles. De plus, ils constituent un terrain d'éclosion pour la création de petites et moyennes affaires.
Si quelque 3000 entreprises sont créées chaque année au Cameroun, très peu survivent au delà de deux ou trois ans par manque de locaux, de financement et d'encadrement. A quoi s'ajoute l'absence de comptabilité. Une enquête effectuée par les autorités camerounaises a établi qu'en 1993, on comptait près de 90.000 unités de production informelles dans la seule ville de Yaoundé, et que leur production était équivalente à celle du secteur industriel formel. Ces unités employaient environ 125.000 personnes dont la plupart travaillant à leur compte. Depuis quelques années, la Banque mondiale s'intéresse au dynamisme du secteur informel et quelques projets de financement commencent à éclore. L'idée sous-jacente étant que le soutien à ce secteur peut être un facteur de développement.

Hélène BIKAGA

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