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Economie


Protection des consommateurs : des produits dangereux consumés
Un lot de produits périmés et contrefaits a été consumé le 20 août 2008 à Yaoundé, à l'initiative des services techniques de la délégation provinciale du Commerce pour le Centre.
02 septembre 2008
 
C'était au lieu dit 2ème échangeur au quartier Ahala sur l'axe Yaoundé - Douala, en présence de Joseph Béti Assomo, préfet du département du Mfoundi, des forces de maintien de l'ordre, et d'un nombreux public venu assister à la scène. Selon le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, il s'agit d'une opération pédagogique et de sensibilisation pour préserver la santé des populations. Pour cette opération, la présence du président de la commission chargée de la destruction de ces produits impropres à la consommation aux côtés du patron du Commerce a permis aux curieux de comprendre la gravité de la situation. Les responsables de la délégation provinciale du Commerce pour le Centre expliquent que parmi les produits détruits se trouvaient des bouteilles de vinaigre n'ayant aucune date de péremption. Aussi a-t-on appris que les dates de péremption de certaines friandises remontent à 2006, celle de la pâte dentifrice Colgate à 2005.
D'autre part, il s'est agi de la destruction des produits à base de tabac, des produits alimentaires, des pesons à ressort, des produits cosmétiques, des produits d'entretien et d'hygiène. Au total, 15 000 paquets de produits à base de tabac, 250 cartons de mayonnaise Oilio, de la margarine, des bonbons, du vinaigre, du lait concentré, 170 pesons à ressort, 8000 unités d'huiles corporelles, des lotions, des huiles pour cheveux, des pommades et crèmes, 4000 unités de dentifrice, de l'eau de javel, des insecticides, 1500 rouleaux de papiers hygiénique… Le département ministériel en charge des questions commerciales est aidé dans cette tâche par de nombreuses associations dont la mission est de dénoncer les opérateurs économiques véreux. C'est le cas de l'Association nationale des produits cosmétiques (l'ANAPROC) de Michel Nkenfack. Le ministre du Commerce a dit la détermination des pouvoirs publics à continuer à combattre la contrefaçon, l'altération ou la falsification. Bref, tout ce qui rentre dans le lot des produits impropres à la consommation.
Au sujet du bien-fondé de l'opération de destruction en question, le Mincommerce a félicité ses services déconcentrés, ainsi que le préfet du département du Mfoundi Joseph Beti Assomo, les forces de maintien de l'ordre, les services de renseignement qui ont œuvré pour l'aboutissement de cette opération, un travail de fourmi pour pouvoir déceler ces produits qui se cachent dans nos marchés. Luc Magloire Mbarga Atangana estime que c'est un travail de longue haleine, qui nécessite une bonne information, une bonne sensibilisation du consommateur. Il a exhorté les uns et les autres à ne pas hésiter pour dénoncer, soit auprès soit des autorités administratives, soit auprès du ministère du Commerce au sujet de tout produit ou acte suspects. " Nous sommes un état de droit. Nous procédons par cette incinération à une saine application des lois qui régissent l'activité commerciale au Cameroun. Ces lois proscrivent la commercialisation des produits contrefaits, issus de la fraude ou issus des produits périmés. Ceux-ci posent un problème de santé publique. Il n'est pas concevable que des gens continuent d'utiliser des dentifrices qui ont expiré depuis 2007, ceci interpelle toute la nation entière " a déclaré le ministre du Commerce.
Le budget utilisé pour la santé pourrait aider à autre chose, à d'autres investissements utiles pour notre pays. Ce n'est pas le premier coup poursuit Luc Magloire Mbarga Atangana : " aucune œuvre humaine n'est jamais achevée, il y aura de la contrebande tant que le monde existera. Il est question de montrer la détermination des pouvoirs publics, de la société elle-même à contenir le phénomène. On ne va jamais éradiquer ce phénomène ; c'est se faire des illusions. Nous faisons à la fois un travail de pédagogie et de sensibilisation et de répression. Mais nous appelons aussi à la citoyenneté des opérateurs économiques. On ne peut pas se permettre dans une société civilisée de faire tout et n'importe quoi. Cela n'est pas acceptable et je voudrais leur dire que la prochaine fois, nous n'allons pas seulement nous contenter de saisir et de détruire nous allons les poursuivre en justice pour mise en danger de la santé d'autrui. C'est aussi un crime économique, contre la nation", a conclu la ministre du Commerce.

Joseph KAPO
(Correspondance particulière)
 
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