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Economie


 
"La réouverture du bureau de l'Agence japonaise du commerce extérieur à Douala est en bonne voie "
Emmanuel Mbarga, chef de cellule de coopération commerciale au ministère du Commerce a représenté son ministère au dernier sommet de la Ticad de Yokohama.
22 Juillet 2008

Pouvez-vous nous dire ce qu'est la TICAD ?
La Ticad ou " Tokyo International Conference for Africa Developement " ou la Conférence Internationale de Tokyo pour le Développement de l'Afrique est une initiative lancée en 1993 par le gouvernement japonais pour soutenir le développement de l'Afrique. L'idée a été lancée pour la première fois au cours de la 46ème assemblée générale de l'Onu. C'est ainsi que la première Ticad a été organisée en 1993. Le Japon a transformé cette initiative en processus. La Ticad II a été organisée en 1995, la Ticad III en 1998, et la Ticad IV a eu lieu, non pas à Tokyo, mais dans une ville banlieue de Tokyo, à Yokohama, à une quarantaine de kilomètres de la capitale japonaise.

Quel est le bilan de votre participation à cette conférence ?
J'étais le représentant du ministère du Commerce au sein d'une délégation conduite par le ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire, représentant spécial du chef de l'Etat à cette conférence. Il fallait participer à la réunion et collaborer pour une prise en compte des préoccupations du gouvernement dans le domaine du commerce, en application des instructions du ministre. L'une des préoccupations était par exemple la réouverture du bureau de l'Agence japonaise du commerce extérieur à Douala. Cette agence a été fermée à la fin des années 1980 pour cause de crise économique. L'ouverture de cette agence participera, sans coup férir, au renforcement des relations d'affaires entre le Cameroun et le Japon. Par ailleurs, le Cameroun a participé à la foire africaine, organisée parallèlement à la Ticad IV. Au cours de ladite foire, de nombreux contacts ont été pris par les opérateurs économiques avec leurs homologues japonais dans l'objectif du renforcement des relations commerciales entre nos deux pays.

Quel regard jetez-vous sur la coopération commerciale Cameroun-Japon ?
Avant de parler de la coopération commerciale entre le Cameroun et le Japon, permettez que je dise que la Ticad IV a été un succès sur le plan diplomatique. Elle a rassemblé 51 pays africains, 74 organisations internationales et régionales, 34 pays partenaires d'Asie et du G8. On notait également la présence des représentants du secteur privé et de la société civile. Pour ce qui est des relations commerciales, commençons par dire que le marché japonais est très difficile d'accès. Cela étant dit, comme tout marché, le marché japonais a des spécificités qui peuvent évidemment intéresser le Cameroun. C'est d'ailleurs ce qui a motivé la volonté du ministre du Commerce de faire participer les opérateurs économiques camerounais, à l' " African fair " ou à la foire africaine, organisée parallèlement à la Ticad IV à Yokohama. Ce qui, forcément, de mon point de vue, contribuera au renforcement de nos relations commerciales, puisque ces opérateurs économiques ont vendu une bonne partie des produits exposés et ont pris de nombreux contacts.
Lorsque vous observez les échanges entre nos deux pays, vous vous rendez compte tout de suite que la balance commerciale est structurellement déficitaire au détriment du Cameroun. Le Cameroun a exporté par exemple vers le Japon en 2005 et 2006 pour seulement environ deux milliards de FCFA et a importé des marchandises d'une valeur de près de 90 milliards de FCFA. Le Cameroun exporte essentiellement du bois et du coton, alors que le Japon exporte au Cameroun des véhicules et tracteurs, des machines et appareils mécaniques ou électroniques, donc des marchandises à forte valeur ajoutée.

Y a-t-il espoir pour le développement de cette coopération ?
Oui il y a de l'espoir et même de l'espérance. Le Cameroun devrait en plus des dons dans les domaines du social, envisager maintenant de contracter des emprunts pour lesquels les montants alloués sont plus importants, en ciblant les domaines de priorités identifiés par la Ticad IV en l'occurrence les infrastructures. Je vous ai dit qu'un fonds a été créé pour cela. Si en plus le bureau du Jetro est ouvert à Douala à côté des bureaux de la Jica et de l'ambassade du Japon à Yaoundé, nos opérateurs économiques auront une meilleure connaissance du marché japonais et vice versa. Je crois donc que c'est une coopération promue à un bel avenir, dans le cadre du suivi des orientations de la Ticad IV.

Propos recueillis par Joseph KAPO
(Correspondance particulière)

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