Dans une note d’information officielle publiée en fin de semaine passée, le ministre des Postes et Télécommunications, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, porte à la connaissance de l’opinion publique que « la date limite de l’opération d’identification des abonnés, initialement fixée au 30 novembre 2009, est prorogée de trois mois à compter du 28 novembre 2009 ». Ce qui veut tout simplement dire que les abonnés de la téléphonie mobile, ont encore jusqu’à la fin du mois de février 2010 pour se faire identifier. Pour éviter de longues files d’attente dans les lieux d’identification, ce qu’on a déploré tout au long des quatre derniers mois, le Minpostel demande aux opérateurs que sont Camtel, Mtn et Orange, « de multiplier les points d’identification sur l’ensemble du territoire, de prendre des mesures nécessaires pour identifier sur place les personnels des administrations et des entreprises, et de prendre des mesures nécessaires pour assurer la sécurité des abonnés sur tous les sites d’identification ». Aux abonnés, Jean-Pierre Biyiti bi Essam demande « de respecter la discipline ».
Il faut reconnaître que cette prolongation des délais était prévisible. Ce d’autant plus vrai que de nombreux observateurs l’avaient prédite. Avant la note d’information du ministre des Postes et Télécommunications, cela se disait déjà dans les couloirs des trois opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun. Eux qui revendiquent près de huit millions d’abonnés, laissaient entendre que les délais impartis à l’opération d’identification des abonnés ne permettaient pas de boucler l’opération. Aussi vrai que depuis quatre mois que le gouvernement camerounais a lancé cette opération, à peine le tiers des abonnés est enregistré. Il fallait également soulager les populations rurales. Et l’on espère que le triangle national sera effectivement quadrillé par les trois opérateurs. L’on exige aux abonnés une carte photo 4x4 et la photocopie de la carte nationale d’identité. Au-delà d’une certaine surcharge financière, les agents d’identification devraient accepter les photos fournies par les abonnés.
C’est le lieu de rappeler aux uns et aux autres que l’identification des abonnés du téléphone portable avait été décidée par le gouvernement camerounais parce que des personnes utilisaient ce moyen de communication pour poser certains actes incivils et immoraux. Une explication que l’on peut aujourd’hui accepter sans pour autant manquer d’accuser le laxisme du gouvernement camerounais qui a favorisé la vente à la sauvette des puces. Or, dans aucun pays au monde, on a vu des personnes utiliser des numéros de téléphone sans avoir été au préalable identifiées. Par ailleurs, la plupart des abonnés estiment que le gouvernement devrait également se déployer pour une baisse des coûts de communication au Cameroun. Ce qui pourrait peut-être être envisagé avec la venue sur le marché local d’un autre opérateur de téléphonie mobile au Cameroun. A en croire nos sources, les tractations sont actuellement en cours en vue de l’attribution d’une nouvelle licence de téléphonie mobile au Cameroun. Interrogé par la presse à la sortie de l’Assemblée nationale où il venait de défendre le budget de son département ministériel pour l’exercice 2010, le Minpostel a indiqué que « le processus de mise en exploitation de ladite licence sera poursuivi en 2010 », annonçant « la mise en application des dispositions pertinentes des cahiers de charges des opérateurs relatives à la régulation des prix ».
Abé BIJEPI |