
Cette décision vise à renforcer la capacité de surveillance du commerce de la faune sur toute l’étendue du territoire national. Le ministère des Forêts et de la Faune sera présent sur le terrain pour s’assurer de l’efficacité et de l’efficience du système de contrôle. Le ministre Elvis Ngolle Ngolle s’est récemment adressé à ce sujet aux journalistes, quelques temps après la signature de la décision portant organisation du commerce de viande de brousse au Cameroun. En effet, selon la décision ministérielle du 10 novembre 2009, signée par le ministre des Forêts et de la Faune, toute vente de viande de brousse devrait désormais s’effectuer dans des espaces désignés et aménagés à cet effet par les délégués du gouvernement et les maires de communes. Le ministre a déclaré que le désordre dans le commerce de la viande dérivée d’espèces fauniques communément appelé « viande de brousse », tout comme d’autres produits d’espèces fauniques surtout les espèces protégées, ne sera plus désormais toléré. En collaboration avec les municipalités, le ministère des Forêts et de la Faune devra ainsi travailler pour organiser le marché de la viande de brousse en particulier, et les produits dérivés de la faune de manière générale. Une liste de marchés retenus devra par conséquent être publiée.
La vente de viande de brousse qui est très fréquente le long des grands axes routiers, du chemin de fer, des gares routières, des aéroports et des ports est interdite. L’organisation des marchés où seront commercialisés les produits de la faune vise à faciliter le contrôle de la vente de la viande de brousse. Ceci permettra la traque et l’arrestation des trafiquants et commerçants des ressources fauniques effectuant des activités hors des zones réservées à cet effet au Cameroun. La mise en œuvre de cette décision signifie que toute personne trouvée en train de vendre la viande et les produits dérivés de la faune, en dehors des marchés désignés, en particulier le long des axes lourds, sera arrêtée et poursuivie et les produits saisis. La loi faunique de 1994 prévoit que toute personne trouvée en possession de toute ou partie d’un animal vivant ou mort est présumée l’avoir capturé ou tué. Il est passible d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans et d’une amende pouvant atteindre 10 millions de francs Cfa.
Le Minfof va chaque année publier une liste d’espèces fauniques qui pourraient être commercialisées dans ces marchés. Toute commercialisation de viande qui ne découlera pas d’une voie administrative ou de la vente aux enchères est interdite en période de fermeture de la saison cynégétique.
Les enquêteurs internationaux du commerce d’espèces fauniques, dans leur évaluation du niveau du commerce illégal d’espèces fauniques, notent que ce commerce constitue un grand business. « Si on peut noter dans la majorité des cas que le commerce d’espèces fauniques est légal, un vaste réseau de marché noir existe cependant, en particulier celui des espèces rares et menacées d’extinction », déclare Laurel A. Neme dans son ouvrage intitulé « Animal Investigators » publié en 2009. La viande de brousse est passée d’une situation de protéine nécessaire à la consommation obtenue à travers la chasse traditionnelle rotative à un produit obtenu dans des forêts destinés aux marchés commerciaux en plein essor situé dans des périmètres urbains où se vendent des tonnes de viande obtenues grâce au commerce illégal. Les citoyens riches des villes qui n’ont d’égard envers aucune conservation de la faune sont prêts à débourser d’énormes sommes d’argent pour les espèces rares et protégées, ce qui augmente la demande de ces animaux.
Un vaste réseau existe dans la chaîne