
Chaque jour qui passe confère au processus du règlement du différent frontalier Cameroun- Nigeria, pour lequel les dirigeants des deux pays ont opté pour la voie pacifique, un caractère de plus en plus exemplaire. Voilà plus de sept ans que cela dure. Dans le sillage du verdict de la Cour Internationale de justice de La Haye en date du 10 octobre 2002 suivi des concertations successives de Paris et de Genève avec comme acteurs principaux, l’ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Koffi Atta Annan, de l’ex chef de l’Etat du Nigeria, Olusegun Obasanjo et du président de la République du Cameroun, la Commission mixte Cameroun-Nigeria a vue le jour en novembre 2002. Avec comme mission la mise en application et le suivi de l’arrêt de la CIJ. Les résultats obtenus depuis lors par ladite commission mixte, à travers ses vingt cinq sessions ce tenant alternativement entre Abuja et Yaoundé ont abouti à des résultats jugés très satisfaisants par les observateurs avertis s’agissant notamment de la délimitation des frontières terrestres et maritimes entre les deux pays.
La rétrocession mutuelle des attributs de souveraineté et d’autorité effective entre le Cameroun et le Nigeria dans la région du Lac Tchad entre les mois de décembre 2003 et juillet 2004 aura été les principaux faits d’armes de ladite commission durant cette période. Les rétrocessions des localités de Narki, Ndababura et Burhawango suivront également avec la même réussite. Avant que la poursuite des mêmes opérations programmées dans la péninsule de Bakassi pour les 14 et 15 septembre 2004 ne se pose comme une fausse note.
Il aura donc fallu après moult négociations que survienne l’Accord de Greentree dans la banlieue de New-York aux Etats-Unis le 12 juin 2006 pour que le processus démarre de nouveau. Avec comme acteurs majeurs une fois de plus l’ex secrétaire général de l’ONU, le chef de l’Etat camerounais et l’ex chef de l’Etat nigérian. En présence des représentants des Etats dits témoins (Etats-unis, France, Grande Bretagne, République fédérale d’Allemagne). Et la rétrocession de la presqu’île de Bakassi le 14 août 2008 consacrera définitivement un processus qui en dépit de tout ne s’est jamais départi de son caractère exemplaire.
Et aujourd’hui, avec la pose de la première borne séparant les deux pays dans la localité de Banki, le processus se complète. Une borne davantage parée des attributs d’un symbole fort, d’un pont destiné à « célébrer la fraternité et l’amitié retrouvée entre les peuples camerounais et nigérian» comme l’a affirmé Amadou Ali le chef de la délégation camerounaise. La forte présence des membres du gouvernement camerounais, celles du délégué général à la Sûreté Nationale, du général Pierre Semengue, des ambassadeurs des pays témoins et de la délégation nigériane conduite par Sarki Baowra Marafa Sadig Diggui consacre au bout du compte l’irréversibilité d’un processus exemplaire en tout point de vue le règlement du différent frontalier Cameroun–Nigeria : un véritable cas d’école dont devra s’inspirer le continent en proie ça et là à des foyers de tension en tout genre.
Maxence KOTTO