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Pourquoi l’opération de recencement coince ?
Certains commerçants du marché central de Douala ont érigé la sous location en méthode de gestion dans cet espace marchand et n’entendent pas perdre un centime de leur juteuse affaire
16 Decembre 2009
L’opération de recensement des boutiques au marché central de Douala peine à prendre corps. Toute tentative de la Communauté urbaine de Douala (Cud) s’est heurtée au refus de certains commerçants. Pourtant à la Cud, des sources proches du dossier soulignent que cela ne dépend pas d’eux. Il s’agit là d’une exigence de l’Union européenne comme préalable au déblocage des financements pour la construction d’autres marchés. Pour le cas de Douala, cette opération permettra, apprend-on, de voir plus clair dans la gestion des espaces marchands.
Seulement, les commerçants qui ont érigé la sous location en méthode de gestion dans cet espace marchand ne l’entendent pas de cette oreille. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont poussé les autres à fermer leurs boutiques au moment où les premières équipes de la Cud s’affairaient à descendre sur le terrain, pour procéder au recensement des boutiques tel que souhaité par le délégué du gouvernement auprès de la Cud, le Dr Fritz Ntoné Ntoné. Raison évoquée, la Cud veut les déloger de leurs boutiques. Pour avoir raison et rallier les autorités à leur cause, ils ont poussé les pauvres commerçants innocents à opérer une descente sur le terrain, afin de rencontrer le préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï. L’opération s’est d’ailleurs avérée une parfaite réussite. Après quelques minutes, ils ont réussi à faire bloquer le recensement. Mais pour combien de temps ?
Pour arriver à ce résultat, ils ont avancé au préfet du Wouri de fallacieux prétextes. Notamment, le cambriolage d’un certain nombre de magasins, l’état du marché en lui-même et la vieillesse des gardiens. Malheureusement pour eux, le crime était loin d’être parfait. Car, les porte-parole n’étaient autres que les sieurs Daniel Noubousie et Lozenou Darius, respectivement ancien président et secrétaire général de l'Association des commerçants du marché central de Douala (Ascomced), des gens qui ont géré pendant de nombreuses années les commerçants dans ce haut lieu de commerce.
Des récriminations que El Hadj Relouanou, le concessionnaire est loin de partager. Pour ce qui est du volet insécurité, il a avoué faire tout son possible pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Mais là où le bât blesse, c’est que les personnes qui sont récusées à cause de leur âge n’ont pas directement été recrutées par ses soins. Elles s’y sont retrouvées au moment où l’Ascomced régnait en maître absolu au marché central. « J’ai hérité de plusieurs situations délicates au moment de la dissolution de cette association, parmi lesquelles, celle du gardiennage. Que fallait-il faire ? Les mettre à la porte et recruter d’autres personnes ou des sociétés de gardiennage, quitte à réveiller de vieux démons ? On a opté pour la solution qui s’imposait à nous, fort de ce que ce sont les commerçants eux-mêmes à travers leur association qui l’avait mise sur pied. De là à fuir leurs responsabilités pour jeter la pierre à d’autres personnes, il y a problème », argue par ailleurs El Hadj Relouanou. Pour ce qui est de l’électricité, il les renvoie au système d’auto-paiement initié par la Communauté urbaine de Douala.
Pour ce qui concerne l’eau qui inonde le marché en saison des pluies, certaines sources pointent un doigt accusateur sur Daniel Noubousie, le porte-parole des manifestants. Ces dernières soutiennent que du temps où il était président de l’Ascomced, il aurait bénéficié d’un marché de près de 24 millions de Fcfa pour réfectionner le toit de ce marché. Le marché avait même été payé. Alors s’il continue de pleuvoir à l’intérieur, à qui la faute, s’interroge-t-on. On parle aussi de la sous location. Pour le concessionnaire, c’est un problème très complexe. « Presque toutes les boutiques du marché central de Douala sont en sous location. C’est la raison pour laquelle les commerçants sont opposés au recensement lancé par la Cud. On ne sait pas qui est derrière telle ou telle boutique. Vous vous y attaquez, et vous avez à faire à de hautes personnalités de la République. Mais on reste convaincu que la Cud va aller jusqu’au bout de ses intentions pour nous permettre à tout le monde de voir plus clair. »
Les mêmes sources soulignent également que l’agitation des commerçants n’avait d’autres buts que de pousser le préfet du Wouri à réorganiser les élections de l’association des commerçants dans ce marché. Car, les intérêts vont au-delà de la simple défense des commerçants. Jusqu’où comptent-ils aller ? Là est toute la question.

Olivier KEBEGA

 
 
 
 
 
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