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Notre Epoque


Plusieurs pilotes mis à l'épreuve
La direction générale et le conseil d'administration ont cédé la place à une administration provisoire.
26 Août 2008

Les contrats de Thomas Dakayi Kamga, le directeur général, d'Édouard Akame Mfoumou et du reste président du Conseil d'administration arrivent ainsi à expiration. Ils sont remplacés par le président par intérim de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic, Paul Ngamo Hamani. Le mandat de l'administrateur provisoire est de six mois, renouvelable.
Le changement intervenu à la Camair était prévisible. Au regard des exigences des bailleurs de fonds internationaux (Fmi et Banque mondiale) vis-à-vis de l'Etat du Cameroun, pour la relance d'un programme susceptible de conduire le pays au franchissement du point d'achèvement de l'initiative Ppte. Le ministre de l'Economie et des Finances de l'époque précisait que cette privatisation allait se faire sous le modèle d'une " scission-liquidation. " C'est-à-dire la privatisation de la partie viable de la compagnie aérienne et la reprise du passif par l'Etat et ce dernier était particulièrement lourd. La compagnie aérienne était endettée à hauteur de 40 ou 60 milliards de Fcfa, selon les sources. Et cet endettement ne cessait de s'alourdir. Pour cause de factures impayées, la compagnie a été bannie du Clearing House, la chambre de compensation des compagnies de navigation aérienne. Cette situation amène l'entreprise à se séparer de bon nombre de ses passagers parmi les plus fidèles, notamment ceux qui doivent se rendre dans des pays non desservis par la compagnie. Sa flotte elle-même est réduite à quelques appareils seulement. Le report des vols était devenu monnaie courante. Ce qui n'était pas pour bonifier les finances. La Camair dont hérite Paul Ngamo Hamani est donc une entreprise en difficulté.

La grande plongée
L'expérience de la gestion du processus de privatisation sous le règne de Paul Biya, a laissé entrevoir que les administrateurs provisoires placés à la tête des sociétés à privatiser étaient appelés à poursuivre leurs activités, une fois le processus achevé. Le cas de l'ex-Snec est le plus illustratif, avec la nomination du Dr Basile Atangana Kouna à la tête de la Camwater, la structure chargée de suppléer aux défaillances de la Snec. Tel n'a malheureusement pas été le cas le cas pour Paul Ngamo Hamani dont la gestion de la Cameroon Airlines, la compagnie camerounaise de transport aérien a longtemps fait les choux gras de la presse nationale et internationale.
Au point où il ne se passait pas de jour, sans qu'elle ne fasse couler beaucoup d'encre et de salive au sein des employés comme de l'opinion nationale. Les salons feutrés de la capitale politique n'étaient pas en reste. Il était reproché entre autres à l'administrateur provisoire de la Camair, d'avoir contribué à augmenter la saignée de la compagnie. Paul Ngamo Hamani avait découvert ce fameux contrat (laissé par son prédécesseur) de location d'avions liant la Camair à Air Leasing, une société anonyme basée à Douala. Le contrat en question avait été savamment monté pour ruiner la compagnie nationale. Dans la mesure où la Camair payait à Air Leasing 1200 à 2000 dollars américains l'heure de vol, alors que cela aurait en principe valu à la compagnie entre 600 et 800 dollars Us.
Déjà en octobre 2006, l'AP se fait payer une somme de 100 millions de Fcfa à la caisse de la compagnie moribonde pour " règlement divers honoraires et prestations. " Et comme si cela ne suffisait pas, le 21 octobre, il se fait de nouveau payer une somme de 30 millions de Fcfa pour les mêmes motifs. Ce qui revient à 130 millions de Fcfa en un seul mois. Et sans les perfusions de l'Etat, la Camair aurait déposé son bilan depuis longtemps. Ce sont ces dépenses de prestige que l'actuel ministre de l'Econome de la Planification et de l'Aménagement du territoire a décriées aux derniers moments de la compagnie. A plusieurs reprises, les responsables de cette compagnie n'ont pas été capables d'honorer ses engagements face aux fournisseurs, ne serait qu'en carburant. La situation, on s'en souvient a immobilisé les aéronefs à plusieurs reprises, pénalisant ainsi de nombreux passagers.

Olivier KEBEGA

 
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