Emmanuel Edou, le délégué général à la Sûreté nationale en a présidé la cérémonie s’étant déroulée la semaine dernière à la place des cérémonies de l’Ecole nationale supérieure de police. L’événement devenu presque traditionnel s’inscrit dans le sillage de la signature par le président de la République du décret n° 2001/065 du 12 mars portant statut spécial du corps des fonctionnaires de la Sûreté nationale. Et si ledit statut apporte une solution aux goulots d’étranglement que constituaient par le passé les textes du 28 décembre 1992 et du 7 octobre 1994 relatifs à la Sûreté nationale s’agissant notamment de l’évolution des carrières tant au sommet du corps de la police qu’au niveau inférieur, il en précise par ailleurs les conditions d’accès à ce corps.
Pour faire partie en effet du corps de la police dans ses principales composantes que sont les commissaires, les officiers, les inspecteurs de police et les gardiens de la paix, il faut, précise-t-on : « outre les critères habituels de sélection, il faut avoir satisfait à une enquête de moralité, jouir de ses droits civiques et n’avoir pas fait l’objet de condamnation soit pour crime, soit pour délit touchant à la probité, notamment pour vol, faux, trafic d’influence, escroquerie, corruption, détournement de deniers publics ou abus de confiance ». Il s’agirait à travers ce dispositif de faire assurer à la police les fonctions à elle confiées par le même statut : « garantir le respect et la protection des institutions, des libertés, des personnes et des biens, d’assurer ou de concourir à l’exécution des lois et règlements, du maintien de l’ordre public et de la paix sociale, de la protection de la sécurité et de la salubrité publiques, plus particulièrement dans les agglomérations urbaines, de la recherche et de la constatation des infractions aux lois pénales, de la recherche du renseignement, de la lutte contre la criminalité nationale, internationale et transnationale, de la surveillance aux frontières et du contrôle de la circulation des personnes ; de l’assistance aux autorités gouvernementales, administratives et municipales et de toute autre mission assignée par le président de la République » comme a eu à le déclarer aux « Marchés nouveaux » un ancien DGSN. Des failles sont observables dans l’assomption de ces prescriptions. Comme en témoignent ces sanctions infligées depuis quelque temps par les responsables attitrés de la DGSN aux éléments indisciplinés.
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la « police camerounaise est performante et sérieuse » même si comme le délégué général à la Sûreté nationale a eu à le relever à l’issue de sa tournée des régions que les « policiers ne travaillent pas toujours dans les conditions optimales, du point de vue de la logistique, du point de vue de l’intendance… »
Cela ne dédouane nullement ce « corps de souveraineté de l’Etat » quant au respect de la déontologie et de l’éthique en son sein. Et à ce sujet, Emmanuel Edou n’y va pas de langue de bois. Lui qui à l’occasion d’une interview à Cameroon Tribune a cru devoir mettre les points sur les i. « L’assainissement est une quête permanente de l’excellence pour développer une police moralement saine, professionnellement efficace, soucieuse des droits de l’homme, respectueuse des règles d’éthique et de déontologie. Une police toujours plus proche des populations dont elle est le partenaire et le recours naturels ».
C’est dire que le bon policer, au-delà des galons, fait l’objet de sérieuses préoccupations de la part des autorités compétentes. Ceux-là qui veulent bien s’inscrire dans cette feuille de route prescrite au corps, récolteront les dividendes de leur disponibilité citoyenne. Et à ce sujet, le délégué général à la Sûreté nationale est sans nuance : «L’application de ces instructions à chaque niveau conditionne la sanction : autant les bons fonctionnaires de la police seront récompensés, autant les brebis galeuses seront punies ».
Maxence KOTTO |