
C'est donc à un homme engagé sur plusieurs fronts que le président Paul Biya du Cameroun a passé le témoin de la présidence de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale la semaine dernière à Yaoundé. C'était au terme de la 9ème conférence des chefs d'Etat de cette organisation sous régionale. Il s'agit bien du président François Bozizé Yangouvonda. La joie qui étreignait la président centrafricain n'avait d'égale que cette possibilité que Bangui, le siège de la Cemac puisse enfin accueillir un sommet de la Cemac, en toute quiétude, après quelques années de turpitudes politico-militaires. Pendant un an, le président centrafricain va s'atteler à mettre en selle des préoccupations majeures qui sont celles de l'Afrique centrale, à savoir, la libre circulation des hommes et des biens, le renforcement de la sécurité dans la sous-région, le programme économique régional et les réformes institutionnelles déjà engagées.
D'ailleurs, au cours d'une conférence de presse à la fin des travaux de Yaoundé, le président centrafricain a reprécisé devant la presse ce qu'il entend faire concrètement de sa présidence de la Cemac, non sans avoir évoqué la crise alimentaire qui secoue le continent et la flambée vertigineuse des cours du pétrole qui paralyse les économies des pays non producteurs de l'or noir. " Notre politique est une politique de réconciliation nationale, d'ouverture et de développement ", a-t-il déclaré. Ceci pour réaffirmer la possibilité pour l'ancien président Ange Félix Patassé, Jean Jacques Demafout et Abdoulaye Miskine de renter au pays sans être inquiété. " Depuis le changement, nous n'avons giflé personne ", a rappelé le président Bozizé.
Mais d'autres chantiers d'ordre national attendent le président François Bozizé. En effet, il s'agit de renforcer les efforts réalisés depuis son accession au pouvoir le 15 mars 2003, dans les domaines aussi divers que la démocratie, la réconciliation nationale, l'assainissement des finances publiques, la promotion du monde rural, le développement des télécommunications et la lutte contre la Vih-Sida. Cinq années après son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat de la République centrafricaine s'est engagé dans une dynamique de développement de son pays. Il faut résolument ramener la paix et reconstruire un pays dont les stigmates de la guerre restent encore visibles. C'est pour cette raison qu'il a mis un point d'honneur en réalisant une opération de charme aussi bien à l'intérieur du territoire national que sur le plan de la coopération bilatérale. " Mieux que quiconque, je sais que nous n'avons pas su jusqu'à présent tirer profit des immenses ressources naturelles dont notre pays est doté, ni de son formidable potentiel agro-pastoral et énergétique ", a reconnu la président centrafricain à l'occasion de la célébration de ses cinq ans à la magistrature suprême de son pays.
Aujourd'hui, la situation sociopolitique en RCA tend vers un apaisement, surtout au lendemain de " l'accord de paix global " signé dernièrement à Libreville sous l'égide du président gabonais Omar Bongo Ondimba, entre le gouvernement centrafricain et deux rébellions armés du nord du pays. La tenue du Dialogue National ayant regroupé plus de 450 délégués de toutes les couches sociales aura été d'un apport considérable dans le processus de réconciliation nationale. Il faut rappeler que le pays est un pays enclavé qui a connu une récurrence de l'insécurité et de graves crises financières. La République centrafricaine entend donc trouver en son mandat à la tête de la Cemac une occasion privilégiée de renforcer la visibilité du pays et pourquoi pas de faire connaître les énormes potentialités (inexploitées pour cause de troubles politiques) dont regorge le pays. Au terme de son 5ème anniversaire à la tête de la RCA, François Bozizé aura jeté les bases d'un développement durable, contre vents et marées, en lançant ainsi de grands chantiers. Mais la paix reste ici la priorité des priorités.
Abraham NDJANA MODO