Le procès pour corruption du chef du parti au pouvoir en Afrique du Sud et favori pour la présidence en 2009, Jacob Zuma, s'ouvre lundi sur une énième tentative de ses avocats pour faire annuler la procédure. Le président du Congrès national africain (ANC), 66 ans, comparaît devant le tribunal de Pietermaritzburg (sud-est) aux côtés de Thint, filiale sud-africaine du groupe d'armement français Thales. Il est soupçonné d'avoir sollicité, alors qu'il était vice-président du pays, des pots-de-vin d'un montant de 500.000 rands (aujourd'hui 68.000 euros) par an auprès de Thint pour empêcher que l'entreprise soit inquiétée dans une enquête sur un contrat d'armement. Le procès intervient après des années d'enquêtes et de procédures et sa conclusion sera décisive pour l'avenir de l'Afrique du Sud. L'ANC, ultra majoritaire dans le pays depuis la chute de l'apartheid en 1994, a en effet confirmé vendredi que Zuma mènerait la campagne du parti aux élections générales prévues pour le deuxième trimestre de 2009, ce qui revient à lui attribuer la présidence de la République. Tout en clamant son innocence, se présentant comme la victime d'un complot, le tribun zoulou a assuré qu'il se retirerait de la politique s'il était condamné.
Inculpé en décembre, quelques jours seulement après avoir décroché la présidence de l'ANC, il fait face à seize chefs d'accusation, dont fraude, corruption, blanchiment d'argent, racket et évasion fiscale. Etant donné la complexité du dossier, son procès pourrait durer des mois et ne devrait pas entrer immédiatement dans le vif du sujet. Lundi, les avocats de Jacob Zuma ont prévu de déposer une série de requêtes préliminaires pour demander l'abandon des poursuites, arguant des multiples délais qui compromettent selon eux le droit de leur client à un procès équitable. "Notre requête principale vise à faire annuler la décision du procureur général" d'inculper Jacob Zuma, a déclaré Me Michael Hulley à l'AFP. Le tribunal, situé dans la province du KwaZulu-Natal où le chef de l'ANC est domicilié, devrait consacrer deux jours à l'examen de ces requêtes et ajourner le procès.
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