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International


L'Union africaine suspend la Mauritanie
L'annonce en a été faite après le coup d'Etat de la semaine dernière. Pendant ce temps, de nombreux représentants de la communauté internationale ont rencontré à Nouakchott samedi, le général qui dirige la junte
05 Août 2008
 
"L'UA va suspendre la Mauritanie jusqu'à ce que le pays retrouve un gouvernement constitutionnel", a déclaré le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Membe, dans un communiqué publié tard vendredi depuis Dodoma, la capitale tanzanienne. "Le coup d'Etat est un revers grave pour les Mauritaniens parce qu'il a volé au peuple son droit fondamental à élire librement les dirigeants de son choix", a ajouté la Tanzanie, qui préside l'UA. Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, a été renversé par un coup d'Etat sans effusion de sang mené par le chef de la Garde présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz, qu'il venait de limoger. "Nous sommes venus accidentellement au pouvoir mais uniquement pour bien servir le pays", a assuré dimanche le général Ould Abdel Aziz, dans un extrait d'entretien diffusé par RFI. "J'appelle l'ensemble des Mauritaniens à dépasser toutes leurs petites divergences passagères (...) et à aider le nouveau pouvoir à bien s'occuper des problèmes qui menacent le pays, qui sont la faim, l'ignorance, la maladie", a-t-il dit, promettant "de lutter de manière implacable contre la corruption".
Il a également réitéré sa promesse d'organiser une élection présidentielle, tout en refusant de "donner de délai". Au palais présidentiel, les visites se sont succédé toute la journée. Le chef de la junte, désormais à la tête d'un Haut Conseil d'Etat formé de 11 militaires, a commencé samedi après-midi à recevoir les ambassadeurs de France, des Etats-Unis, d'Allemagne et d'Espagne. Une délégation des Nations unies devait ensuite être reçue au palais présidentiel. Dimanche matin, des émissaires de l'UA devaient également rencontrer le dirigeant de la junte. Une "réunion de coordination" sera ensuite organisée dimanche entre la Ligue arabe, l'ONU et l'UA, "pour conjuguer les efforts" et "aider la Mauritanie à sortir de la crise", selon le secrétaire adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Ben Hilli. Au sujet du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, actuellement retenu dans une villa surveillée, le général "m'a dit qu'il était en bonne santé, bien traité, dans de bonnes conditions", a rapporté M. Ben Hilli, après un entretien samedi matin avec le nouvel homme fort de Nouakchott. Vendredi, plusieurs centaines de partisans du président renversé, dont des ministres et des députés, s'étaient rassemblés au siège d'un parti à Nouakchott pour marquer avec force leur opposition au coup d'Etat.
Les partis du Front pour la défense de la démocratie ont réitéré samedi leur "refus de toute idée d'organiser de nouvelles élections". "C'est un leurre et une tentative de tromper le peuple et sa classe politique. Nous voulons que la Ligue arabe le sache et fasse tout pour préserver cet embryon de démocratie dans le monde arabe qu'elle cite en exemple et qui s'écroule sous ses yeux", a déclaré Mohamed Ould Moloud, président de l'Union des forces du progrès (UFP). De leur côté, les députés "frondeurs" qui avaient claqué la porte du parti au pouvoir à la veille du putsch, ont au contraire "exigé" que soit organisé un scrutin présidentiel. Le député Mohamed Moktar Ould Zamel a notamment accusé le président renversé d'avoir "cherché le chaos" et "instauré un pouvoir familial".
Par ailleurs, le Haut Conseil d'Etat, instance dirigeante de la Mauritanie depuis le coup d'Etat du 6 août, a procédé vendredi à des nominations en son sein et dans l'armée, a-t-on appris samedi de sources concordantes. Le colonel Ahmedou Bamba Ould Baye devient ainsi le permanent du nouvel organe dirigeant du pays, alors que le colonel Mohamed Ould Mohamed Znagui, ex-attaché militaire à Dakar, est nommé adjoint au chef d'état-major, en remplacement du colonel Ely Ould Vall. Le colonel Ould Vall perd son poste pour avoir autorisé, mercredi, l'entrée du colonel Abderahmane Ould Boubacar dans l'enceinte de l'état-major dont ce dernier venait d'être nommé chef par le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, au cours des dernières heures de son régime de 15 mois, selon l'Agence de presse panafricaine. Dans le cadre de ce réajustement qui vise, selon les observateurs, à consolider son pouvoir, la junte a également nommé de nouveaux chefs dans les différentes régions militaires du pays.

Avec AFP
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