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Politique
Projet de loi de finances : la quête d’une plus grande synergie
L’inscription de certains projets au budget de l’Etat ne semble pas s’assurer au préalable de la disponibilité effective des financements comme ont eu à le déplorer certains spécialistes.
16 Decembre 2009
L'on attend sereinement la promulgation de la loi des finances 2010 par le président de la République comme le veut la tradition. Bien avant, déposé à l’Assemblée nationale, le document de cadrage de l’action que le gouvernement se propose de mener au cours de l’exercice 2010, tel que révélé par le Premier ministre Philémon Yang à travers la présentation du Programme économique financier, social et culturel du Cameroun a bien bouclé, la phase de défense de leurs enveloppes par les différents chefs de départements ministériels. Une répartition confirmée par la commission des finances de l’Auguste chambre des 2.570 milliards de francs Cfa, proposés par le gouvernement qui, tout en accentuant la part réservée à l’investissement à travers le budget d’investissement public (avec quelque 677 milliards de francs Cfa en vue du développement du secteur énergétique, l’érection des infrastructures, l’accroissement des productions agricoles), n’occulte pas les secteurs sociaux.
On en a pour preuve que le premier rang au hit-parade occupé par le ministère des Enseignements secondaires avec une dotation cumulée (Budget de fonctionnement et budget d’investissement public) de 208,624 milliards de francs. Les ministères de la Santé publique et de l’Education de base avec des dotations respectives de 123,701 milliards et 167,728 milliards confortent la tendance. Et si les Travaux publics avec 182,282 milliards traduisent cette volonté du gouvernement de transformer à travers d’importantes infrastructures, le paysage national, force est de constater que des départements ministériels à l’instar de la Défense (175,355 milliards) tiennent toujours les rangs. Se pose également comme un cas à relever s’agissant de la volonté des pouvoirs publics de privilégier les secteurs à même d’engendrer un impact sur le quotidien des populations assurant par la même occasion, le développement du pays tout entier, la dotation allouée au ministère de l’Energie et de l’Eau qui réserve près de 40 milliards à l’investissement contre près de 5 milliards au fonctionnement.
Dans le lot des départements ministériels les moins nantis dont ceux de la Promotion de la Femme et de la Famille (5,728 milliards), du Travail et de la Sécurité sociale (4,322 milliards), du Conseil économique et social (2,362 milliards) ou encore de la Culture (5,252 milliards), le cas du ministère du Tourisme avec seulement (4,340 milliards) ravive quelques interrogations. Tant il est vrai que sous d’autres cieux, le secteur contribue dans des proportions plus que confortables, à la constitution du produit intérieur brut (PIB). Le Cameroun veut-il véritablement assumer son ambition mille fois ressassée de devenir une destination touristique ? La question mérite d’être posée.
Il reste qu’au-delà de tout, le projet de budget 2010 consacre une fois de plus, l’ascendance du budget de fonctionnement avec 1.525 milliards soit 59,36% du budget contre 26,35% consacré à l’investissement. Le projet de loi de finances 2010 ; c’est aussi 3675 milliards de francs (soit 14,29%) consacrés au service de la dette. Et s’il est alimenté à hauteur de 2149 milliards par les ressources internes, des contributions extérieures y sont prévues à hauteur de 421 milliards de francs Cfa répartis en emprunt (310 milliards) et en dons (111 milliards). Dans son ensemble, le budget enregistre une hausse en valeur absolue de 268,6 milliards de francs Cfa. Est-il à même d’enclencher le développement et la croissance tant souhaités ? Certains spécialistes émettent des réserves.
Par ailleurs, ladite augmentation ne semble pas rallier à sa cause, l’adhésion unanime de certains spécialistes. Ceux-ci la perçoivent davantage comme un « rattrapage » de l’effet induit de l’augmentation des salaires opérée au cours de l’exercice précédent en faveur des fonctionnaires et autres agents de l’Etat, relevant du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative. Et à en croire ces spécialistes qui saluent au passage l’octroi de quelque 75 milliards de francs Cfa au processus de décentralisation, il est plus qu’urgent dans cette optique d’instaurer à brève échéance, une taxe spécifique aux communes devant leur permettre de mieux gérer leur développement local.
Au demeurant, le projet de budget 2010 traîne par devers lui quelques récriminations et portées par des sources dignes de foi. Les plus sérieuses soulignent ces projets inscrits au budget et financés par des bailleurs de fonds après des négociations bilatérales avec les ministères bénéficiaires. Le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire et celui des Finances s’en trouvent fortement contrariés au moment de la confection du budget. Parler de la nécessité d’une synergie dans ce contexte là, relève de l’évidence.
Maxence KOTTO,
Lucien TCHAPTCHET
 
 
 
 
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