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Politique


Bakassi : le 14 août de toutes les attentes
L'échéance est appelée à consacrer définitivement la rétrocession par le Nigeria de la presqu'île au Cameroun. Avec en toile de fond, de réelles préoccupations sécuritaires.
05 Août 2008


Au moment où la date du 14 août 2008 se trouve déjà dans le viseur, la rétrocession définitive par le Nigeria au Cameroun de la presqu'île de Bakassi qu'elle est censée consacrer, au-delà des positions officielles, semble traîner du côté de certains acteurs de l'ombre, quelques boulets. Fort de son bon droit découlant du verdict de la Cour Internationale de Justice de la Haye en date du 10 octobre 2002 dans sa dimension irréversible, le Cameroun, après les heures de sueur froide vécues à travers les pertes infligées à ses forces de défense par des bandes armées non identifiées, a retrouvé une sérénité certaine que conforte chaque jour davantage la riposte vigoureuse du 24 juillet dernier. Et attend dans cet état d'esprit le parachèvement d'un processus que les premiers résultats obtenus sur le terrain avaient placé, s'agissant notamment de la région du Lac Tchad, sous le signe de tous les espoirs.
C'est connu de tous que l'ultime étape dudit processus qui dans son calendrier initial avait prévu du 20 août au 13 septembre 2004, une " phase opérationnelle de retrait et de transfert d'autorité dans la péninsule de Bakassi ", a enregistré quelques grains de sable dans son mécanisme. Il aura donc fallu d'autres ingrédients destinés à accompagner l'arrêt de la Cour Internationale de Justice de la Haye sur le terrain de la concrétisation. Il s'agit en l'occurrence d'un dialogue et d'une concertation permanents, comme le soulignent à souhait les termes de ce communiqué final ayant sanctionné la visite de 48 heures effectuée par le chef de l'Etat nigérian de l'époque, Olusegun Obasanjo à son homologue camerounais Paul Biya les 28 et 29 juillet 2004 à Yaoundé : " Les deux chefs d'Etat ont mis un accent particulier sur les efforts en cours pour régler pacifiquement leur différend frontalier par l'application de l'arrêt de la Cour Internationale de Justice comme convenu… "
La démarche, au-delà des délais, porte en elle les prémices d'une réelle volonté des deux chefs d'Etat d'aboutir à une issue heureuse. Comme devra le conforter le 12 juin 2006 la signature de l'Accord de Greentree (Usa) entre Paul Biya et Olusegun Obasanjo en présence de Kofi Atta Annan, le secrétaire général de l'Onu de l'époque ainsi que des représentants des Etats dits témoins (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Allemagne). Les soixante jours requis par la partie nigériane pour libérer la presqu'île ont abouti à la rétrocession de la souveraineté au Cameroun à l'exception de la localité d'Idabato où le Nigeria a été autorisé à y garder jusqu'au 14 août 2008 son administration et ses forces de maintien de l'ordre.
Quelle suite le Nigeria réservera-t-il alors à cette échéance ? Des informations en provenance d'Abuja font état de la volonté clairement affichée par le président de la République fédérale du Nigeria, Umaru Yar'Adua de " poursuivre les consultations avec Yaoundé pour assurer une transition paisible au bénéfice de tous les concernés. Nous devons continuer à travailler ensemble pour renforcer davantage nos relations très cordiales et fraternelles ". C'était à l'occasion de la présentation le 25 juillet dernier de la lettre de créance du nouveau Haut Commissaire du Cameroun au Nigeria. Le soutien clairement affiché par les ambassadeurs des pays témoins accrédités au Cameroun avec au premier plan, l'audience accordée à l'occasion, mercredi dernier au chef de la mission diplomatique française au Cameroun (Georges Serre) en ajoute à cette belle assurance. Et lorsqu'on ajoute à cela que l'action intentée il y a deux mois par certains élus nigérians auprès de la Cour suprême fédérale en vue de suspendre le processus de rétrocession au Cameroun de la presqu'île de Bakassi n'a pas pu aboutir, l'on est en droit de placer cette échéance sous les meilleurs auspices possibles.
Cette heureuse perspective est cependant quelque peu tempérée par les menaces qu'il y a quelques jours, ces hommes se réclamant de la Niger Delta Defence and Security Council ont fait planer sur le processus avec comme objectifs les localités de Barracks et de Isangele. Le Cameroun de toute évidence, s'est paré contre toute éventualité. Avec la nomination par le chef de l'Etat des responsables administratifs, avec des forces de défense nationale qui savent désormais à quoi s'en tenir, le pays attend.

M. K.

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