" … Il est reconnu par le présent acte que (a) le retrait de l'administration civile et des forces de police de la République fédérale du Nigéria de la zone (Annexe 1 et Annexe II de l'Accord de Greentree et (b), le transfert d'autorité à la République du Cameroun sur la totalité de la presqu'île de Bakassi ont été achevés ce jour, jeudi 14 août 2008 ". C'est la substance du document formulaire du retrait et de transfert d'autorité de la Commission mixte Cameroun - Nigéria et sur lequel, au terme de la cérémonie de Calabar de la semaine dernière, plusieurs personnalités ont apposé leur paraphe. Il s'agit du Pr Maurice Kamto, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chef de la délégation du Cameroun à la Commission de suivi, de Michael K. Aondoakaa, ministre de la Justice et procureur général de la fédération, chef de la délégation du Nigéria à la Commission de suivi.
Ont également paraphé ce document historique, Sir Kieran Prendergast, le président de la Commission de suivi de l'Accord de Greentree ainsi que les représentants des Etats témoins dont la République fédérale d'Allemagne, la République française, les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Paraphe suivi des échanges de couleurs, avec la partie nigériane qui remet le drapeau camerounais et la partie camerounaise qui remet l'étendard nigérian.
C'est le couronnement d'un long processus de quinze années, faites de négociations, d'atermoiement, et de volte face spectaculaires. C'est également autant d'années de foi inébranlable dans les vertus du dialogue et de la concertation. Avec comme acteurs majeurs, le président Paul Biya du Cameroun, Olusegun Obasanjo, l'ex chef de l'Etat nigérian et Kofi Atta Annan, l'ex secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Sur un continent où instantanément, des foyers de tension s'allument pour moins que cela, ces différents acteurs viennent d'administrer la preuve par l'exemple que des conflits quelle que soit leur gravité, peuvent toujours se résoudre par un autre langage que celui des armes. |