
C'est le 21 décembre 1993 que les troupes nigérianes envahissent la presqu'île de Bakassi relevant de la souveraineté du Cameroun. Un prétexte largement suffisant pour déclencher sur le continent un autre foyer de tension. Mais Paul Biya, fidèle à son credo d'attachement à la paix et à la solidarité internationale s'exerçant de manière prioritaire avec ses voisins immédiats, a plutôt pris l'option de la saisine de la Cour Internationale de Justice de la Haye. Ce qui fut fait en Mars 1996 avec comme objectif la redéfinition du tracé des frontières maritimes et terrestres entre les deux pays. Et en Juin 1998, la CIJ de la Haye se déclare compétente ouvrant la voie à un examen au fond du dossier.
Mais il aura fallu faire avec la réplique du Nigeria aux arguments du Cameroun, réplique déposée auprès de la CIJ en Janvier 2001. Dans un monde judiciaire où le temps s'impose comme l'un des facteurs incontournables de la profession, cela aura pris le temps que cela a pris. Avec au bout du compte, le 10 Octobre 2002, le verdict de la Cour Internationale de Justice de la Haye qui à travers une série de décisions ayant trait à la souveraineté du Cameroun sur la presqu'île de Bakassi a proclamé la souveraineté du Cameroun sur la presqu'ile. Le verdict comme il fallait s'y attendre, n'a pas soulevé un grand enthousiasme.
Plusieurs rencontres initiées par le Secrétaire Général de l'ONU de l'époque en l'occurrence Kofi Atta Annan auront été nécessaires pour assurer la mise en œuvre du verdict de la CIJ de la Haye. Paris le 5 Septembre 2002, Genève le 15 Novembre 2002 auront accueilli tour à tour les Présidents Biya et Obasanjo et Kofi Annan pour déterminer les modalités d'une application sans heurts de l'arrêt de la CIJ. Avec comme conclusion, la mise en place d'une commission mixte appelée à en assurer la concrétisation. Ladite commission avait comme acteurs le Mauritanien Ahmed Ould Abdallah, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU, Amadou Ali, le Chef de la délégation camerounaise et le Prince Bola Ajibola, le Représentant Nigérian. Les résultats de ladite commission sont qualifiés de convaincants par les observateurs notamment dans la région du Lac Tchad. Mais la phase décisive du retrait des forces nigérianes de la presqu'île de Bakassi prévue le 15 Septembre n'a pas pu se dérouler comme arrêté. Il aura fallu après moult négociations l'accord de Greentree le 12 Juin 2006 pour faire redémarrer le processus. Le 14 Août 2008 aura alors constitué l'ultime étape dudit accord assurant définitivement la rétrocession de Bakassi et le transfert d'autorité au Cameroun.