
Le ministère des Travaux publics vient de regrouper les directeurs et chefs d'entreprises des BTP et les partenaires au développement pour une rencontre portant sur la présentation et la validation du cadre de catégorisation et d'évaluation des performances. Ceci après avoir constaté que les entreprises et bureaux d'études techniques du secteur des bâtiments et travaux publics ne répondent toujours pas aux attentes de compétitivité et de rentabilité placées en eux. " D'une manière générale, ceux-ci sont pour la plupart peu organisés et offrent peu de lisibilité sur leurs capacités réelles d'intervention ", a déclaré Bernard Messengue Avom. Face à cette fâcheuse situation, le ministre des Travaux publics entend désormais pouvoir compter sur les entreprises performantes et compétitives, encadrées par des organisations professionnelles plus dynamiques. Aussi a-t-il reconnu l'une des faiblesses du gouvernement camerounais qui était jusque-là l'absence d'outils capables de fournir une parfaite visibilité du paysage des entreprises de ce secteur d'activités considéré comme le levier essentiel de la croissance économique et de l'amélioration des conditions de vie des populations. D'où la mise en place d'un nouveau partenariat stratégique en vue d'accroître le niveau de professionnalisme et favoriser l'émergence d'entreprises sérieuses et performantes. C'est ainsi que ce séminaire qu'il a organisé à cette occasion, la semaine dernière, aura permis de valider de manière consensuelle et participative, un cadre de catégorisation des entreprises ainsi qu'une grille d'évaluation des performances intégrant entre autres données, les capacités techniques, humaines, matérielles et financières propres à chaque prestataire. Il s'agit en fait d'un outil de régulation sur lequel va se bâtir une véritable relation de confiance. Comme l'a dit le Mintp, " c'est un outil efficace adapté aux contraintes liées au développement du secteur routier du Cameroun ".
Pour le moins, le cadre de catégorisation permettra de dresser en permanence le profil des prestataires autorisés à soumissionner aux différents appels d'offres. " Et selon les catégories arrêtées, aucune entreprise de la catégorie A ne pourrait aller soumissionner pour un marché de catégorie C, aucune entreprise de la catégorie B ne pourrait aller soumissionner pour un marché de catégorie D. Ce qui permet maintenant que les entreprises qui gagnent les marchés, les gagnent en fonction de leurs capacités. Ce qui éviterait qu'on se retrouve devant des chantiers abandonnés. Cette catégorisation permet en même temps de protéger la profession ", tranche Bernard Messengue Avom, tout en précisant que l'évaluation des performances sera faite trimestriellement. Désormais, il faudra être dans le secteur, être suivi et évalué, pour appartenir à une catégorie et puis soumissionner à un marché du ministère des Travaux publics.
Après donc les actions d'appui et d'encadrement entreprises par le gouvernement camerounais, avec le concours des partenaires au développement, pour le renforcement des capacités techniques et managériales de ces entreprises et bureaux d'études techniques, l'on peut déduire que cette démarche est un autre pas important franchi. Et le Cameroun ne sera plus loin du professionnalisme souhaité.
Jean-Pierre Bitongo,
Correspondance particulière