
“Mieux vaut tard que jamais ". A n'en point douter, cet adage populaire sied parfaitement à la commission nationale anti-corruption (Conac). Plongé dans une discrétion plus ou moins certaine depuis sa création en mars 2006, cet organisme public indépendant a enfin décidé de se mettre véritablement en action, d'entrer dans les mœurs des Camerounais. Désormais, la Conac entend se mettre en première ligne en faisant savoir ses missions. Dans ce sens, elle vient d'initier une série de manifestations dont la finalité est de se faire connaître de l'opinion publique.
La commission nationale anti-corruption a annoncé les couleurs la semaine dernière avec deux sorties médiatiques. Mardi dernier, Paul Tessa, le président de la Conac a, par le détour d'un point de presse, lancé la campagne de communication de cet organisme. Quatre jours plus tard (samedi passé) la Crtv a commencé à diffuser une émission de sensibilisation, d'éducation et d'information produite par la Conac. D'ici la fin du mois de septembre, il est prévu le lancement officiel du site Internet de la Conac, une rencontre de la commission avec les cellules ministérielles et les organisations non-gouvernementales impliquées dans la lutte contre la corruption au Cameroun. Et une rencontre sur la lutte contre la corruption dans le milieu des médias.
S'agissant des deux premières sorties de la Conac la semaine dernière, celles-ci ont principalement tourné sur les missions de cet organisme. D'après Paul Tessa, la commission nationale anti-corruption a, entre autres missions " de suivre et d'évaluer l'application effective du plan gouvernemental de lutte contre la corruption, de recueillir, de centraliser et d'exploiter les dénonciations et informations dont elle est saisie pour des pratiques, faits ou actes de corruption et infractions assimilées. Par ailleurs, la Conac peut également procéder le cas échéant, au contrôle physique de l'exécution des projets ainsi qu'à l'évaluation des conditions de passation des marchés publics, identifier les causes de la corruptione t de proposer aux autorités compétentes les mesures susceptibles de permettre d'éliminer la corruption dans tous les services publics ou parapublics ". Pour le reste, le programme d'action annuel de la Conac est approuvé par le président de la République. C'est pour cette raison que chaque mission de la Conac donne lieu à la rédaction d'un rapport adressé au chef de l'Etat et aux administrations chargées de la mise en œuvre de ses recommandations.
Le constat est donc là. Sur le papier la commission nationale anti-corruption dispose des armes nécessaires pour jouer efficacement son rôle, pour réussir. Mais peut-elle se décarcasser pour atteindre ses objectifs ? Là réside l'interrogation des Camerounais qui caressent néanmoins l'espoir de voir la Conac tordre le cou aux corrupteurs et aux corrompus. Et Dieu seul sait q'ils sont légion au Cameroun.
Dieudonné MESIJO