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Politique
Péage et pesage routiers : l'exigence de l'automatisation
3,5 milliards de déficit annuel moyen sur les 34 postes installés sur le réseau national bitumé l'imposent comme une urgence majeure.
1er Juillet 2009

On l'aura entendu de la bouche de Bernard Messengue Avom, le ministre des Travaux publics. C'était jeudi le 25 juin 2009 dans les services du Premier ministre à l'occasion du Conseil de cabinet du mois en cours. Le communiqué issu de ces assises mentionne ceci en substance sur ce chapitre spécifique : " …Le conseil s'est poursuivi avec la présentation du ministre des Travaux publics sur la problématique de l'automatisation du péage et du pesage routiers, d'où il ressort que ces outils de financement de la politique routière et de protection du patrimoine routier ne donnent pas la pleine mesure de leur potentialité en raison du facteur humain notamment ".
Dit en des termes moins diplomatiques, cela souligne le fait connu de tous que les ressources - une partie du moins - issues du péage et du pesage routiers atterrissent indûment dans les poches individuelles de tous ceux-là qui sont en charge de leur gestion au quotidien. Le fait en réalité n'est pas nouveau. Des sources généralement bien informées l'ont ouvertement décrié en leur temps. Elles qui n'ont pas hésité à affirmer qu'à leur création, les péages routiers notamment, " rapportaient annuellement à l'Etat camerounais, alors qu'ils étaient gérés par un comité interministériel de suivi des opérations - cinq milliards de francs Cfa comme ce fut le cas surtout en 2001 ". Et si cette situation s'est poursuivie jusqu'en 2005, force est de constater qu'à l'avènement depuis cette date à la tête de la gestion des péages routiers, du programme de sécurisation des recettes routières, ces dernières ont alors connu une baisse drastique jusqu'à se stabiliser à quelque 3 milliards de francs. Soit un peu plus de 2 milliards de manque à gagner pour le compte du seul péage routier. On parle de billetterie parallèle ou encore de trafic en tout genre. Le Premier ministre, chef du gouvernement, Ephraïm Inoni, en présidant en janvier 2008, la 3e session du Conseil national de la route (CONAROUTE) s'en est alors vivement indigné au point de requérir du ministre des Finances un " audit indépendant en vue de dégager les différentes responsabilités ". Il se rapporte que la mise en place d'un Fonds routier de deuxième génération en cours d'études au ministère des Finances se posera à plus ou moins brève échéance comme la solution appropriée à ces préoccupations.
Mais en attendant, les résultats, sur le terrain, en raison du " facteur humain ", ne sont pas loin du pillage systématique. Et c'est le ministre des Travaux publics qui en a précisé les contours. " En ce qui concerne le péage, les recettes des 34 postes installés sur le réseau national bitumé accusent un déficit annuel moyen d'environ 3,5 milliards de francs Cfa ". " En matière de pesage, les 1500 km de routes protégées par le dispositif de pesage, continuent de subir des dégradations dues aux surcharges en dépit de l'assainissement opéré dans la gestion des stations ". Le plus étonnant est qu'au même moment, le parc automobile connaît un accroissement exponentiel.
Que faire face à la gravité de la situation ? Bernard Messengue Avom suggère l'automatisation urgente des postes de péage et stations de pesage routiers parallèlement à la nécessaire mutation du Fonds routier. Et approuvant de facto la proposition, le Premier ministre, chef du gouvernement a par conséquent instruit " le lancement des études y relatives, ainsi que le couplage des stations de pesage et les postes de péage dans les projets routiers à l'étude ou en cours de lancement ".
Cela se pose effectivement comme une urgence ou à tout le moins comme une préoccupation, eu égard à l'importance que les pouvoirs publics attachent à la performance du secteur routier. Tant il est vrai que selon ces derniers, ledit secteur est appelé à jouer un rôle de premier plan dans le domaine de la croissance économique et de l'amélioration des conditions de vie des populations. Rentrent dans cette préoccupation, outre le Conseil national de la route, un programme sectoriel, devant assurer " une meilleure efficacité et un développement durable et cohérent du secteur afin que ce dernier puisse mieux contribuer à la croissance de l'économie du Cameroun, à l'intégration nationale et sous-régionale, à la réduction de la pauvreté, à la protection de l'environnement et à la réduction significative du coût des transports ".
Reste que des forces contraires s'activent pour leur propre intérêt, à entraver ces bonnes intentions. L'audit indépendant requis depuis plus d'un an par le Premier ministre, chef du gouvernement, éclairera à sa publication certainement d'un jour nouveau, ce pan entier de la fortune publique, soumis à un pillage systématique de la part de certains de nos concitoyens. Echapperont-ils à la sentence en cours dans notre pays ? Contentons nous pour l'heure de poser la question.

Maxence KOTTO

 
 
 
 
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