Je n'ai aucune intention de me substituer à mes collaborateurs. Ils ont leur rôle à jouer. Moi aussi, j'ai mes dossiers à étudier au niveau de l'administration centrale. Je dis bien que chaque fois que je vais sur le terrain, c'est pour y renforcer l'action de mes collaborateurs ". Ainsi s'exprimait dimanche dernier Pascal Anong Adibime, le ministre des Domaines et des Affaires foncières. Cette sortie médiatique du Mindaf semble être la réponse du berger à la bergère. Une réplique vis-à-vis de ceux qui croient que la ministre en fait manifestement un peu trop, en jouant les collecteurs d'impôts. L'homme ne se laisse pas débouter pour si peu. Fort dit-il de la confiance à lui faite par le président de la République, il a avec lui dans cette opération de recouvrement forcé des recettes foncières, cadastrales et domaniales, l'avantage des chiffres. " J'ai été à Douala où j'ai procédé à la fermeture de certaines stations service. Au départ, la capitale économique était à 675 millions de Fcfa. Mais depuis le début de l'exercice en cours et depuis mon passage, on en est presque au milliard. Bien sûr, ce n'est pas mon rôle, mais chaque fois que je vais sur le terrain, ma présence reste dissuasive ".
C'est convaincu de tout cela que Pascal Anong Adibime se rend à Kribi. Après du reste un premier passage il y a trois mois où il a été davantage question de sensibiliser les Camerounais qui occupent les dépendances du domaine public maritime de cette cité balnéaire. Par dépendances du domaine public maritime, il faut entendre cette bande partant de l'océan et mordant jusqu'à 50 mètres dans la partie continentale du territoire et dont l'occupation requiert contre espèces sonnantes et trébuchantes, l'autorisation préalable du ministre des Domaines et des Affaires foncières. Et cela, précise t-on, quel que soit le statut de l'occupant, autochtone, allogène, voire étranger, sans distinction aucune, tous sont soumis à la même réglementation.
Et aujourd'hui, l'heure de l'évaluation, aux dires du Mindaf, a sonné. Aux occupants irréguliers desdites dépendances à qui il avait été demandé de régulariser leur situation de prouver qu'ils se sont exécutés dans un contexte où, comme le précise Pascal Anong Adibime, " l'incivisme fiscal est une règle pour certains de nos concitoyens ". En tout cas, le Mindaf a prévenu : ceux de nos opérateurs économiques qui jusqu'ici n'ont pas payé le moindre centime au Trésor publicseront sanctionnés. Et l'engagement personnel du Mindaf prend toute sa signification lorsqu'il affirme lui-même : " mes collaborateurs éprouvent sur le terrain d'énormes difficultés quand il faut recouvrer les redevances domaniales… ". Et pourtant, il faut impérativement assurer la contribution du ministre des Domaines et des Affaires foncières à la confection du budget national. Contribution qui, faut-il le rappeler, s'élève à 7 milliards 200 millions de Fcfa. La campagne de recouvrement forcé des redevances foncières lancée ainsi à travers toute la République prend tout son sens. Elle s'effectuera avec l'appui des autorités administratives requis pour la circonstance.
C'est dire qu'après Kribi, Pascal Anong Adibime mettra le cap sur l'Ouest, où affirme t-il, " nous avons du pain sur la planche ". Avec comme objectif principal, la ville de Foumban où les lotissements relevant du domaine public son " envahis par ceux là qui y ont investi " et qui ne trouvent pas commode de payer les redevances y relatives. Car comme il l'affirme, ces redevances sont le prix à payer pour pouvoir prétendre à un quelconque investissement de la part des pouvoirs publics. Et à ce sujet, Pascal Anong Adibime y va sans détours : " nous allons choisir certaines zones pour dire à nos concitoyens : attention, vous devez vous acquitter de ce devoir civique parce que c'est cet argent qui nous revient sous d'autres formes. Il faut payer vos redevances avant de tendre la main à l'Etat ". C'est dit. Et Pascal Anong Adibime entend aller jusqu'au bout de son initiative.
Tout comme d'ailleurs cette guerre ouverte qu'il a déclarée aux occupants illégaux des logements et autres bâtiments administratifs. Occupants, qui semble t-il ont bénéficié de la complaisance forcément intéressée des collaborateurs dont certains sont proches du Mindaf. Des collaborateurs qui eux-mêmes sont sur la sellette à travers une comparution devant la cellule anti-corruption du ministère et qui courent le risque au cas où leur culpabilité se serait avérée, d'être traduits devant les instances compétentes. Des actions, rien que des actions, qui semblent répondre aux préoccupations d'inertie dont on fait allusion à l'échelon le plus élevé de la hiérarchie administrative. C'est de bon augure.
Maxence KOTTO
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