
Cela aura été incontestablement la grande nouvelle du week-end dernier : la publication par le chef de l'Etat des textes portant création de l'université de Maroua avec à la clé la série de batteries d'appoint appelées à en assurer le fonctionnement harmonieux. Le nouveau bébé de la réforme universitaire mise en branle depuis 1993 avec l'avènement aux côtés de l'université mère de Yaoundé, de celles de Yaoundé II Soa, Douala, Ngaoundéré, Dschang, Buea porte ainsi le nombre total des institutions universitaires d'Etat du Cameroun à sept. C'est la concrétisation d' une promesse faite par le président de la République en 1997 et réitérée en 2004 et dont certains ont cru qu'elle allait se limiter au " petit " qu'elle a engendré chemin faisant et qui a pour nom l'Ecole normale supérieure de Maroua. Et bien non ! Cette dernière n'est en fait qu'un élément d'un vaste projet mûrement réfléchi et appelé à inclure en son sein, outre ladite école normale supérieure, mais également les facultés classiques ainsi que l'Institut du Sahel.
La cerise sur le gâteau est que le ministre de l'Enseignement supérieur, le Pr. Jacques Fame Ndongo, annonce le démarrage des activités de la nouvelle institution universitaire d'Etat pour la prochaine rentrée académique d'octobre 2008. Point de surprise en réalité pour cela. Le terrain selon les mêmes sources a été bien préparé à l'avance. S'agissant à titre d'illustration de l'Ecole normale supérieure, elle établira l'un de ses campus sur le site de l'ancien Collège de l'Espoir de Maroua tombé en décrépitude et dont les bâtiments font aujourd'hui l'objet de la part des autorités compétentes d'une réhabilitation conséquente.
En attendant que l'Ecole ne regagne son propre site de Kongola-Djoulgouf-Kodeck d'une superficie de 45 hectares et dont les travaux de terrassement ont démarré selon un communiqué du Minesup, le 2 mai 2008. C'est dans le cadre, affirme la même source du " Programme d'appui à la composante technologique et professionnelle de l'Enseignement supérieur (PRO-ACTP) financé sur les fonds en provenance de l'Initiative d'allègement de la dette multilatérale (IADM) à laquelle le ministère de l'Enseignement supérieur a été déclaré éligible le 05 avril 2007, à hauteur de 31 milliards de Fcfa et dont le but est d'améliorer et de maximiser l'offre de formation des ressources humaines dans les filières de la santé, de l'ingénierie et de l'éducation ".
A ce contexte extérieur, il faut pour l'heure ajouter les efforts des pouvoirs publics quant à la mise à disposition des locaux. Le déblocage d'une somme de 120 millions de francs par le ministère des Finances permettra selon le Minesup Jacques Fame Ndongo, de procéder pour le compte de l'Ecole normale supérieure à la location des immeubles devant abriter les premières heures d'activités de cette institution. En attendant que soient effectivement mis à la disposition de l'université de Maroua les bâtiments à octroyer par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, le ministère de l'Education de base, le ministère des Enseignements secondaires et le ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales, du centre vétérinaire et zoologique avec ses trois salles de 100 places chacune demeuré disponible en raison de la non organisation cette année des concours de recrutement au sein de cette structure.
Comme le précisait récemment le ministre de l'Enseignement supérieur, les pré requis sont réunis. La décision du chef de l'Etat de porter l'université de Maroua sur ses fonts baptismaux tombe à point. La décision- c'est connu- a comme enjeu majeur, dans le sillage de la réforme universitaire de 1993, de poursuivre harmonieusement le décongestionnement des universités d'Etat. Ce n'est en effet un secret pour qui que ce soit, que l'Office du Baccalauréat et le GCE Board déversent chaque année au terme des études du second cycle d'enseignement secondaire, entre 50 000 et 60 000 nouveaux bacheliers et autres titulaires du General Certificate of Education Advanced Level. Avec le démarrage des activités de l'université de Maroua, l'on s'attend à ce que soit ainsi résorbé un contingent de près de 2000 étudiants répartis entre les différentes écoles et autres facultés de la nouvelle création.
En évoquant récemment lors de la tenue du Forum des étudiants des universités d'Etat à l'université de Yaoundé II, l'inventaire des indicateurs des avancées enregistrées dans les chantiers principaux de développement des institutions universitaires, le Pr. Jacques Fame Ndongo annonçait que les " horizons sont reluisants à plusieurs égards ". Aujourd'hui, avec la création par le chef l'Etat de l'université de Maroua, contribuant ainsi à l'augmentation des capacités infrastructurelles tout autant qu'à l'amélioration quantitative et qualitative de l'offre de formation universitaire, les événements se sont chargés de lui donner entièrement raison.
Maxence KOTTO