Ils inondent les boîtes mails des différents abonnés. De Yahoo ! à Hotmail et compagnies, personne n'est à l'abri. Ces messages, très souvent importuns, sont envoyés par des inconnus se présentant la plupart du temps comme des héritiers d'une importante personnalité africaine décédée. Au vu de leurs origines avouées, ces petits malins se recrutent surtout dans les pays politiquement déstabilisés ou ayant connu de longues guerres civiles : Côte d'Ivoire, Angola, Sierra Leone, Libéria, Afrique du Sud… Et le principe utilisé par ces escrocs d'un genre nouveau est simple et presque toujours identique. Fils, fille, épouse ou employé d'un chef d'Etat assassiné, d'un richissime homme d'affaires mort accidentellement et intestat, ils se retrouvent à la tête d'une énorme fortune sur laquelle ils ne peuvent directement pas mettre la main. C'est que, juste avant sa mort, le défunt a réussi à mettre de côté et à cacher une importante somme d'argent, régulièrement chiffrée en millions de dollars américains. Aussi, pour la récupérer ou, selon les cas, la blanchir, la contribution d'une personne étrangère, vous en l'occurrence, est sollicitée moyennant une commission de 10 à 20% du montant total. Jusque-là, tout reste malheureusement très crédible, la plupart des dirigeants africains et autres hauts cadres d'administration ayant tendance, ces dernières années et par le biais de détournements de deniers publics, à se constituer illégalement des bas de laine volumineux.
Donc, de Mohamed Abacha, fils du défunt président nigérian qui propose 20% de 12 millions de dollars mis de côté par son père sur un compte particulier en Suisse, à Mohamed Kone, fils d'un riche marchand de cacao de Côte d'ivoire tué par de méchants rebelles, qui doit transférer une mallette contenant 5 millions de dollars, on va de surprises en surprises. La qualité de certains correspondants laisse d'ailleurs perplexe, surtout lorsque l'on se retrouve devant une lettre de Baré Aïssatou Clémence, ci devant veuve du chef d'Etat nigérien assassiné et réfugiée en Côte d'Ivoire avec ses trois enfants. Daniel Sankho, fils de l'ancien Directeur des Mines de Sierra Léone a 19 millions de dollars dans deux caisses et me laisse 15% pour l'aider à fuir la Côte d'Ivoire où il a trouvé un refuge précaire. Jean Camara, fils lui aussi d'un riche négociant de cacao m'a choisi, inspiré par Dieu, après avoir beaucoup prié ! Il me laissera aussi 15% de ses 12,5 millions de dollars. Mariam Mohamed de Sierra Leone et James Yoko, toujours dans le cacao à Abidjan, mettent en avant leur jeune âge et leur besoin d'avoir un associé plus expérimenté en Europe pour gérer les fonds. Ils ont obtenu mon adresse mail grâce à l'annuaire commercial de la France, un pays que je n'habite pas et où je n'ai aucune activité commerciale. L'instabilité actuelle de la Côte d'Ivoire fait le nid de ces arnaques, tant la plupart des arnaques que l'on retrouve dans les boîtes sont montées par des personnes qui déclarent habiter ce pays. C'est qu'un pays en guerre rend plus crédibles les détournements d'argent.
Ce type d'arnaque existait déjà dans les années 80, à partir de fax ou de courriers, mais le mail permet d'en réduire le coût et de multiplier les prospects. Malheur à l'internaute qui met le doigt dans l'engrenage. On commence par lui demander d'ouvrir un compte dans une banque africaine où il doit mettre quelques centaines d'euros pour des frais divers, ou de payer des taxes de douane pour rapatrier la caisse de diamants. Puis, les sommes augmentent petit à petit pour régler des détails administratifs, jusqu'à ce que l'internaute s'aperçoive qu'il file un mauvais coton. Plusieurs milliers de crédules y ont laissé, au mieux un peu d'argent, au pire la vie. Il peut, en effet, arriver que l'on vous demande de venir dans le pays pour récupérer directement l'argent. Certains Américains et même des Saoudiens se sont ainsi laissés piéger, laissant plus que des plumes au passage. Les plus chanceux sont repartis contre une rançon, mais d'autres auraient été assassinés et dépouillés à leur arrivée, selon des sources dignes de foi.
Pour repérer les escroqueries, il existe un système infaillible, méfiez-vous de toutes les propositions où l'on vous promet de gagner de l'argent facilement. C'est toujours louche. Que ce soit de grosses sommes comme dans les exemples ci-dessus, ou de petits revenus complémentaires, sur la forme, " donne moi 10 euros et dix personnes te donneront à leur tour dix euros ", ce sont toujours des arnaques. Et attention, de nouvelles formes d'escroqueries apparaissent tous les jours, c'est particulièrement vrai aujourd'hui à partir des sites de rencontres, dont soyez vigilants. Le mieux est de ne pas ouvrir des mails envoyés par des inconnus. |