Thomas Essomba, Smaïla Mahaman et Joseph Mulema, voilà les trois boxeurs qui défendront les couleurs nationales aux prochains Jeux olympiques qui débutent à Pékin le 8 août. Ces trois pugilistes participeront pour la première fois au plus grand rendez-vous sportif de la planète. Aussitôt la qualification acquise, Thomas Essomba, Smaïla Mahaman et Joseph Mulema, qui compétiront respectivement dans la catégorie des 51 kg, 64 kg et 69 kg, se sont mis au travail, histoire de marcher sur les traces de Joseph Bessala et de Martin Ndongo Ebanga, boxeurs camerounais médaillés d'argent et de bronze aux Jeux olympiques de Mexico (1968) et Los Angeles (1984).
A une trentaine de jours du début de cette compétition, qui rassemblera près de dix mille athlètes, les trois boxeurs se disent relativement prêts pour monter sur les rings à Pékin. Et pour cause, ils ont pris part à plusieurs compétitions internationales notamment à Taïwan à l'occasion d'un tournoi qui a réuni tous les boxeurs africains qualifiés pour les JO et la coupe d'Afrique des nations de boxe qui s'est déroulée il y a quelques semaines en Namibie. Dans les tout prochains jours, les pugilistes s'envoleront pour Alger et pour la Thaïlande à l'effet de parachever leur préparation. Mais avant cela, Joseph Mulema évalue la préparation faite jusqu'à ce jour : " Elle est bonne parce qu'une bonne préparation repose sur les compétitions. Sur ce plan, nous avons eu une compétition pré-olympique et la coupe d'Afrique. La préparation, ce n'est pas seulement s'entraîner mais c'est aussi pouvoir juger sa capacité sur un ring. Elle est presque terminée ; dans nos têtes, nous sommes prêts à boxer ". Les deux autres partagent cet avis mais estiment que les autorités sportives nationales auraient pu faire mieux. " Nous nous préparons depuis plusieurs mois. Je regrette seulement le fait qu'on n'a pas de bons stages. Nous passons beaucoup de temps au Cameroun alors que tous les boxeurs qualifiés pour les Jeux olympiques sont en stage bloqué ", se lamente Smaïla Mahaman. Venant à la rescousse de son collègue, Thomas Essomba note visiblement déçu que lors des compétitions, il se dépense doublement. Il doit non seulement chercher à perdre le poids mais à compétir. " C'est ici lors des stages que je dois travailler mon poids ", lance le champion du Cameroun et d'Afrique dans la catégorie des 51 kg. En outre, Thomas Essomba, Smaïla Mahaman et Joseph Mulema souhaitent que les pouvoirs publics ne s'échinent pas uniquement à les envoyer compétir mais qu'ils leur assurent aussi un minimum vital.
Somme toute, les trois boxeurs de la Cameroon Olympic Team ne comptent pas se laisser faire sur les rings dans la capitale chinoise. Ils se disent déterminés à défendre honorablement les couleurs nationales au cours de cette 29e olympiade. " Nous sommes allés à une compétition pré-olympique où il n'y avait que les médaillés pour les JO. Mon collègue Thomas Essomba a enlevé la médaille d'argent. J'aurai pu remporter une médaille si je n'avais pas été victime d'un arbitre raciste. Les Camerounais peuvent compter sur moi. Nous sommes prêts à nous lâcher, à donner le meilleur de nous-mêmes ", rassure Joseph Mulema. Et Smaïla Mahaman de renchérir : " Les Camerounais peuvent espérer. Je me battrai pour rentrer avec une médaille. Et ainsi entrer dans l'histoire comme Joseph Bessala ou Martin Ndongo Ebanga, mon coach adjoint ". C'est tout le mal que peuvent leur souhaiter les amoureux du noble art et partant tout le peuple camerounais.
Dieudonné MESIJO |