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Sport


 
Le mal-être des champions du Cameroun
Nombre de sportifs traversent plusieurs étapes pour être sacrés champions du Cameroun. Mais doivent uniquement se contenter de cet honneur
22 Juillet 2008
 

Les fédérations sportives nationales vibrent depuis quelques semaines au rythme de la fin de la saison. Nombre d'entre elles ont déjà, soit consacré leurs champions, soit sont sur le point de le faire. Et parallèlement, les finales nationales sont à l'ordre du jour. S'agissant notamment des championnats, ceux du handball, football, boxe sont connus depuis plusieurs semaines. Ceux de l'athlétisme l'ont été le week-end dernier au stade Ahmadou Ahidjo. Mais au regard des primes, des distinctions que reçoivent tous ces champions, l'on constate qu'ils ne sont pas logés à la même enseigne. Pendant que certains se consolent avec des primes très modiques et/ou des médailles, d'autres se contentent uniquement de l'honneur d'être champion du Cameroun.
Les autorités sportives nationales ont coutume de soutenir qu'au Cameroun, il n'y a pas de sports majeurs, des sports mineurs ou de sports réservés, mais cette affirmation est prise à défaut par les primes que reçoivent les champions nationaux. Lors des récents championnats de boxe par exemple, les champions des différentes catégories ont en tout et pour tout reçu une enveloppe de cinq mille francs Cfa. Les vices champions, eux, se sont contentés de deux mille cinq cents francs. En cyclisme, le champion national n'a que l'honneur d'être champion à faire prévaloir. Dans les disciplines dites mineures, la situation n'est guère différente. Il n'y a qu'en football qu'on peut parler d'une prime plus ou moins consistante. Depuis quelques saisons, la fédération camerounaise de football remet au club champion du Cameroun une prime de vingt cinq millions de francs Cfa.
Le moins qu'on puisse dire est que cette situation est de nature à décourager boxeurs, handballeurs, cyclistes, athlètes… Car avant d'être sacré champion du Cameroun, il faut traverser plusieurs étapes. Par exemple, il faut terminer parmi les meilleurs au niveau départemental et provincial. Et lors des éliminatoires, tirer son épingle du jeu pour atteindre soit la finale du championnat ou celle de la coupe nationale. Par ailleurs, les dirigeants des différentes fédérations gagneraient à tenir compte des sacrifices consentis durant toute la saison par les athlètes et leurs encadreurs techniques. Sinon, les uns et les autres pourraient se décourager et jeter l'éponge. Simplice Nitcheu, l'encadreur provincial de boxe du Nord l'a clairement laissé entendre lors du récent championnat national de boxe : " J'ai été surpris que le président de la fédération annonce que les champions du Cameroun recevront une enveloppe de 5000 F alors qu'en tant que coach,je donne 15 000 F à mon champion. Je suis vraiment déçu. En plus de cela, il n'y pas de médailles comme ça se fait en judo ou au karaté. C'est incompréhensible ". Et de poursuivre : " Parmi les six boxeurs que j'ai emmenés du Nord, il y a un qui est tombé malade. J'ai fait part de la situation aux dirigeants de la fédération, mais ils n'ont pas réagi. Ça n'encourage vraiment pas le développement de la boxe camerounaise ". Parlant des primes des finalistes, Simplice Nitcheu propose 25 000 F pour le vainqueur et 10 000 f pour le vaincu.
Etant donné que ce découragement peut démotiver les sportifs en question ou susciter en eux l'envie d'aller défendre les couleurs d'un autre pays, les pouvoirs publics pourraient dans la mesure du possible voler au secours de ces champions en leur remettant des enveloppes qui leur permettent de célébrer comme il se doit leur sacre. Car tôt ou tard, ceux-ci sont appelés à défendre le drapeau national sur la scène internationale.

Dieudonné MESIJO

 
 
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